« Kebek » : l’énigme Adamante…

Ce second volet du diptyque de Philippe Gauckler lève le voile sur les origines de l’énigmatique Adamante : un récit de science-fiction classique, au bon sens du terme, qui interpellera les nostalgiques de René Barjavel et plus particulièrement ceux qui ont aimé « La Nuit des temps ». Au classicisme pur jus de la grande époque des romans d’anticipation, Gauckler oppose un final qui en surprendra plus d’un.

Au cœur de la province québécoise de Eeyou Istchee Baie-James, dans la région des monts Otish, la mine de diamants est le cadre d’un spectaculaire éboulement. Il est causé par une mystérieuse sphère à la technologie avancée qui se révèle faite de diamant pur. Roy Koks, responsable de la prospection, et son amie d’origine indienne, la géologue Natane, découvrent deux sarcophages dont l’un est occupé par une superbe jeune femme blonde qui se réveille d’un long sommeil. Entre Roy et la mystérieuse voyageuse qui dit s’appeler Adamante et venir d’un passé lointain, d’étranges liens se créent. Au-dehors, les militaires s’emparent de la situation, pendant que le monde entier avide d’en savoir plus suit cette découverte à la fois humaine et fantastique. Miraculeusement guéri de graves brûlures, l’esprit de Koks est habité par Adamante qui entreprend de lui raconter son histoire. Est-il manipulé par sa nouvelle amie ? La réponse à cette énigme se trouve peut-être à la base de Polarion située dans le Grand Nord canadien où a été transféré le second sarcophage…C’est après avoir abandonné son projet d’adaptation de « La Nuit des temps », le mythique roman de René Barjavel, que Philippe Gauckler s’est lancé dans une histoire originale. Bien sûr, l’ombre de Barjavel plane sur son scénario, mais il y a pire comme modèle. Il propose, ainsi, un récit original aux personnages attachants. La mise en couleurs directes, où domine le bleu, est superbe : tout particulièrement à l’occasion des grands dessins en doubles pages intercalés tout au long de ce thriller fantastique de 84 pages.Né à Lyon en 1960, Philippe Gauckler étudie le dessin aux Arts appliqués. Il est présent dans Métal hurlant dès 1982, publiant des récits complets écrits par Charles Imbert qui seront réunis dans deux albums. Deux ans plus tard, il adapte « Blue », le roman de Joël Houssin, puis dessine « Le Convoi », écrit par Thierry Smolderen. Après un passage dans la publicité, il renoue avec la BD en publiant une série jeunesse (« Prince Lao »), puis le thriller « Koralovski » aux éditions du Lombard. En s’attaquant à « Kebek », il revient à la science-fiction, domaine où il excelle. Son trait, que certains jugeront peut-être un peu raide, convient parfaitement à ce récit à la froideur métallique, aux personnages humains et réalistes. Un cahier de 16 pages, placé en fin d’album, présente des dessins inédits et des croquis.Il existe une édition dont l’album est glissé dans un coffret, accompagné d’un ex-libris numéroté réservant un espace pour pouvoir y placer le premier volume. Le tirage est limité à 1 000 exemplaires (23 €, EAN : 978 2 3567 4089 2).

La galerie Daniel Maghen proposera une exposition d’une centaine d’originaux du 18 juin au 24 juillet prochain (36, rue du Louvre, 75001 Paris).

Henri FILIPPINI

« Kebek  T2 : Adamante » par Philippe Gauckler

Éditions Daniel Maghen (19 €) — EAN : 978 2 3567 4084 7

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