Laurent Turpin n’est pas que le directeur de publication de BDzoom.com (et le responsable de la rubrique « Zoom sur les meilleures ventes »), c’est également le premier édile de Saudemont : un petit village de seulement 420 habitants dans le Pas-de-Calais, au nord de la France. Au bout de six années de mandat passé à s’occuper des gens de sa commune avec son équipe municipale, l’envie lui est venue de raconter l’engagement de ces hommes et femmes au service de la communauté… dans une bande dessinée. Il en parle à son ami le dessinateur Olivier Berlion (1) qui souhaitait justement sortir des fictions réalistes qui ont pourtant fait sa réputation, et les voilà partis à mettre en images et en bulles une éducative tranche de vie, qui se révélera aussi drôle que sensible à la lecture…
Lire la suite...Les débuts monstrueusement horrifiques de Dylan Dog, revus par Corrado Roi et Roberto Recchioni !
Courageusement, les éditions Mosquito continuent de nous proposer, à dose homéopathique, quelques petits joyaux de ce véritable monument qu’est la bande dessinée transalpine « Dylan Dog » (1) : grâce leur soit rendue ! Car si le succès du détective du paranormal ne s’est jamais démenti dans son pays d’origine, en France, et ceci malgré de nombreuses tentatives, ces fumetti de chez Bonelli n’ont pas encore, hélas, trouvé l’audience qu’ils méritent : pourtant, les qualités graphiques et narratives de leurs différents auteurs — ici Corrado Roi (2), Nicola Mari (3) et Roberto Recchioni — ne sont plus à démontrer !
Les albums « L’Aube noire » et « Le Crépuscule rouge » (qui paraîtra en mai) – sous couvertures de Gigi Cavenago – correspondent aux n° 401 et 402 de la publication Bonellienne et ont été proposés en janvier et février 2020 en Italie. Il s’agit d’une minisérie, sous-titrée « 666 », à l’intérieur de la série mère, entamant une nouvelle phase écrite par le talentueux Roberto Recchioni ; laquelle n’est autre qu’une refonte déclarée de la toute première aventure mythique de Dylan Dog par Tiziano Sclavi et Angelo Stano (« L’Aube des morts-vivants », publiée le 26 septembre 1986) où notre héros est confronté à une épidémie de zombies : comme quoi, les pandémies ne datent pas d’aujourd’hui !
Évidemment, ce double épisode n’est pas un simple remake ! Déjà, Dylan Dog change totalement de look, se présentant avec une longue barbe et un manteau plus confortable que sa traditionnelle veste, tout en montrant une plus grande familiarité avec la technologie contemporaine. Mais les bouleversements ne s’arrêtent pas là !
Il devient le fils adoptif de l’inspecteur Bloch — promu surintendant — et son ex-femme, la sergente Rania Rakim, l’a trahi puis quitté pour se lancer dans une relation avec le policier Tyron Carpenter de Scotland Yard. Enfin, son assistant habituel (Groucho, sosie du Marx du même nom, a disparu au n° 400, mais rassurez-vous, il reviendra dans le n° 407 du fumetti) est remplacé par un certain Gnap-Gnap : personnage créé par Tiziano Sclavi pour son roman « Dellamorte Dellamore », écrit en 1983 et publié en 1991, avant d’être adapté au cinéma en 1994.
Par ailleurs, le style scénaristique se veut plus moderne, avec des rythmes dilatés, des dialogues plus secs : ce qui n’empêche pas l’humour très second degré, caractéristique de la série. Roberto Recchioni donne ainsi beaucoup plus d’espace aux cases aérées et élégantes de Corrado Roi : extraordinaire graphiste de l’écurie Bonelli (il a également travaillé sur « Mister No », « Martin Mystère », « Julia », « Brendon », « Magico Vento », « Dampyr », « Nathan Never », « Tex »…) qui est particulièrement à l’aise pour rendre l’atmosphère brumeuse et onirique de l’histoire, ou pour donner corps à ceux en décomposition des morts-vivants.
(1) Voir : Le scénariste de « Dylan Dog » : Tiziano Sclavi, Dessinateurs de « Dylan Dog » : Stano, Trigo et tutti quanti…, « Dylan Dog » de retour en France, mais seulement en DVD !,
(2) Voir : « Ut » : pour découvrir le travail de Corrado Roi… et Quand Dylan Dog se heurte à d’inquiétants enfants, le temps d’une terrifiante « Berceuse macabre »….
(3) Voir : « Dylan Dog : Statue vivante » par Nicola Mari et Bruno Enna.
« Dylan Dog T6 : L’Aube noire » par Corrado Roi et Roberto Recchioni
Éditions Mosquito (15 €) — EAN : 978-2-35283-913-2
« Dylan Dog T7 : Le Crépuscule rouge » par Corrado Roi, Francesco Dossena, Nicola Mari et Roberto Recchioni
Éditions Mosquito (15 €) — EAN : 978-2-35283-914-9















