Fluide glacial : coup double !

Les temps sont durs pour la presse, et tout particulièrement pour les journaux qui proposent des bandes dessinées. Heureusement, il existe encore quelques poches de résistance où l’on y croit encore. En ce mois de décembre 2020, Fluide glacial nous offre deux bonnes raisons pour braver la pandémie et courir jusque chez son marchand de journaux…

Fluide série or surfe sur un thème qui grâce aux réseaux sociaux fait recette plus que jamais : le complot. De la terre qu’ils croient plate à la Lune dont ils nient la visite par les astronautes, les complotistes sont partout. Une aubaine pour les joyeux drilles de Fluide qui nous offrent une bonne pinte d’humour au fil des pages d’un spécial complot du meilleur cru. Si les grands anciens n’officient plus, une jeune génération d’auteurs entoure les derniers rescapés des temps héroïques. B-Gnet, L’Abbé, Claire Bouilhac, James et Mirroir, Besseron, Pixel Vengeur, Rudy Spiessert, Jonathan Munoz, Zanello, Fabrice Erre, François Ravard, Mena et Witko, Étienne Le Roux, Soulcié, Guillaume Prieur et Malgras… n’ont pas à rougir de leurs prestations face aux vétérans Mo/CDM, Étienne Lécroart, Jean-Michel Thiriet, Joan, Jean-Pierre Hugot, Isa et Michel Gaudelette, Julien CDM… Sans oublier Jake Raynal, Romain Dutreix ou Gotlib dont on nous propose des rééditions indémodables. Copieuse, plus que jamais indispensable pour nous faire oublier la grisaille ambiante, cette dose de bonne humeur mériterait d’être remboursée par la sécu.Pas triste non plus le numéro de décembre du mensuel qui compte 100 pages sous une couverture de Jonathan Munoz : un auteur bourré de talent. Au fil des numéros, les séries récurrentes sont de retour sous l’impulsion du rédacteur en chef Jean-Christophe Delpierre. Notons l’adorable « Annick Tamaire » de Munoz, « Pépé et Mémé » de Bouzard, « Professeur Houfman » de Mo/CDM, « Les Paresseux » de Salma et Marco Paulo, « Faut pas prendre les cons pour des gens » de Reuzé et Rouhaud, « Les Maximes » de Hugot, « Réseau boulot-dodo » de Fabrice Erre, « Anatole(s) » de James, « Le Nécronomickey » de Philippe Foerster, « Bruno le barbare » de Rudy Spiessert… Citons aussi L’Abbé, Aranega, Madaule, Thiriet, Grossetête, Witko et Nena, Moynot (excellent), Édika, Flock, Pochep, Lécroart, Raynal… Du tout bon qui ne fait pas oublier les pères fondateurs dont l’éditeur propose quelques belles rééditions en albums : « Georges et Louis » de Goossens, « Les Grands Crus classés » de Gotlib, « Paracuellos » de Carlos Gimenez, « Les Bidochon » de Binet et l’édition ultime des « Idées noires » de Franquin !

 Henri FILIPPINI

 Fluide glacial série or n° 93 — trimestriel, 100 pages en couleurs (6,95 €)

Fluide glacial n° 534 — mensuel, 100 pages en couleurs (5,95 €).

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Une réponse à Fluide glacial : coup double !

  1. Olivier Northern Son dit :

    Mais… mais… tout ça a l’air excellent!