« Jeremiah » : 38 albums et toujours la classe !

Une fois encore, Jeremiah et Kurdy sont au rendez-vous annuel qu’ils donnent à leurs lecteurs depuis plus de quarante ans. Une longévité qui s’explique par leur côté d’éternels Don Quichotte de lendemains qui ne chantent pas vraiment pour les populations qui croisent leur route. Un futur loin d’être enchanteur, dont l’actualité pourrait bien rattraper les scénarios de leur créateur en ces temps de pandémie.

C’est au milieu du désert, près de Bend Yellow où Jeremiah doit rendre visite à ses vieux amis Martha et Woody, que la route de ces éternels voyageurs croise celle de l’exubérante Jenny. L’étrange jeune femme à la perruque verte dit être poursuivie par ses frères qui l’accusent d’avoir volé des émeraudes. Nos deux héros, qui n’apprécient pas que l’on brutalise une jolie femme en détresse, la prennent sous leurs ailes après l’assassinat par les siens de son compagnon mexicain. Afin de la cacher, ils entraînent la belle Jenny, qui ne manque pas de caractère, au cœur de l’Enfer : le quartier le plus mal famé de la ville. La traque sanglante se poursuit au milieu de marginaux belliqueux et de hors-la-loi en fuite abandonnés à leur détresse par les habitants. Les rencontres insolites ne manquent pas, tout au long de cette folle cavale où les cadavres s’empilent à un rythme infernal. D’autant plus que les frères de la fuyarde ne sont pas les seuls à en vouloir à sa vie.            Comme à son habitude, Hermann place son duo dans une situation dramatique, plante des décors qui l’inspirent, et se laisse guider par son imagination débordante. À condition, bien sûr, de pouvoir régaler ses lecteurs en leur proposant des pages riches et mouvementées. Et ce nouveau récit n’en manque pas. On ne peut que s’arrêter au détour de ses grands dessins aux couleurs superbes qui vous coupent le souffle. Une fois encore, Hermann parvient à se renouveler et à surprendre ses lecteurs les plus fidèles. À se demander comment le bonhomme, qui a passé les 82 ans en juillet dernier (il est né en 1938), parvient encore, sans trembler, à proposer autant de morceaux de bravoure en un seul album dont il assure scénario, dessins et couleurs. Il ne s’agit pas d’un « Jeremiah » de plus, mais bien d’un nouvel album qui vaut le détour, sans doute l’un des meilleurs de ceux proposés au cours de ces dernières années. Et l’aventure continue…Créé en 1979 pour Zack, hebdomadaire allemand aux ambitions européennes, « Jeremiah » est traduit en France dans l’éphémère Super As, publié en albums par les éditions de Fleurus, puis par Novedi, avant de trouver sa place au sein du catalogue des éditions Dupuis à partir de 1988.Notons que les 32 premiers albums, toujours disponibles, existent aussi dans une série de huit intégrales proposées par Dupuis et que Hachette collections vient de débuter la publication en grand format 24 x 32 cm de l’ensemble de la série, à raison d’un nouvel album tous les quinze jours. (1)

 Henri FILIPPINI

 (1)       Voir « Buck Danny » et « Jeremiah » : bonne pioche pour Hachette collections !.

 « Jeremiah T38 : Tu piges ? » par Hermann

Éditions Dupuis (12,50 €) — EAN : 979 1 0347 4781 8

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4 réponses à « Jeremiah » : 38 albums et toujours la classe !

  1. bonjour,

    très bon sujet , pour un des meilleur déssinateur du moment.

    dans un style toujours cinématographique.

  2. wynth dit :

    Il y a bien longtemps que je considère que la série est terminée. Les 11 premiers sont fantastiques. A partir du numéro 12, Julius et Romea, à mon sens, ça dégringole. Fraymond n’est plus présent à la couleur. Hermann commence à se moquer de ses personnages, à les décrédibiliser. Il emploie des titres à la noix toujours teintés d’une pointe d’ironie. Avec les deux si beaux personnages que sont Jérémiah et Malloy, c’est dommage… Enfin, à mes yeux, il y en a quand même 11 qui décoiffent…

  3. Patrick BOUSTER dit :

    Même si le niveau baisse en général, ou est inégal, la série reste lisible et agréable. Je ne connais pas tous les tomes, mais pour l’instant j’irai jusqu’au tome 14 pour témoigner de la grande qualité. Il est vrai que qu’ensuite, les couleurs directes, et les scénarios, rendent le résultat très différent.
    J’estime que « Simon est de retour » est un sommet.

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