« Les Aigles décapitées » : la fin de l’aventure…

Imaginée en 1985 par Patrice Pellerin pour son ami Jean-Charles Kraehn, « Les Aigles décapitées » est une série phare de la collection Vécu des éditions Glénat. Dernière survivante d’une longue liste de séries qui compte quelques œuvres cultes, elle tire à son tour sa révérence avec ce trentième épisode publié 35 ans après sa création. C’est à l’auteur belge Michel Pierret que revient l’honneur de conclure cette passionnante saga historique…

Royaume de France, 1241 : Louis le neuvième n’est pas encore Saint-Louis, lorsque Hughes, jeune garçon fougueux issu du peuple, est au centre d’un sombre complot ourdit dans le but de déstabiliser le jeune roi. C’est après avoir débusqué les coupables et découvert ses nobles origines qu’il reprend possession du château de Crozenc, puis épouse la blonde Alix. Lorsqu’il ne défend pas son domaine, Hughes parcourt les routes de France et participe avec héroïsme aux croisades en Terre sainte…Avec ce trentième album, ce sont Mahaut et Sigwald, les enfants d’Hughes et d’Alix, qui en sont les protagonistes. Sigwald, qui vient de se voir confier le poste d’ambassadeur des royaumes de Naples et de Sicile par le roi Charles d’Anjou, demande à sa sœur Mahaut de le rejoindre. Son ami Abraham Aboulafia, savant juif adepte de la kabbale, est condamné au bûcher par le pape mourant. Mahaut, accompagnée par son jeune fils Hughes, part pour Rome afin d’escorter Simon de Brie : enquêteur chargé d’obtenir du pape la canonisation du défunt roi Louis IX. La mort du maître du Vatican, qui a désigné son neveu Matteo Rubeo Orsini pour lui succéder, provoque de sanglantes intrigues dans les couloirs de la capitale chrétienne…Cet épisode, riche en rebondissements, est donc le dernier d’une série culte, comme indiqué sur la couverture, et nous le regrettons. D’autant plus que cette nouvelle intrigue romaine au scénario bien construit n’indique en rien la conclusion définitive des « Aigles décapitées », série née dans le n° 5 du magazine Vécu, en 1985.Je me souviens encore, en cette fin 1984, de l’arrivée de ces deux jeunes auteurs qu’étaient à l’époque Patrice Pellerin et Jean-Charles Kraehn. Le premier était déjà connu pour sa reprise de « Barbe-Rouge ». Quant au second, encore jeune débutant sans passé d’auteur, il était déjà diablement talentueux. Une visite qui tombait bien puisque nous recherchions des séries historiques pour la préparation du nouveau mensuel des éditions Glénat. Aujourd’hui, tous deux figurent parmi la crème de la bande dessinée réaliste. Dès le quatrième épisode, Jean-Charles Kraehn reprend le scénario à Patrice Pellerin trop occupé par son « Épervier ». Travail qu’il assure avec talent jusqu’au treizième album. Entretemps, souhaitant vivre d’autres aventures éditoriales, Jean-Charles me demanda de lui trouver un nouveau dessinateur. C’est au Belge Michel Pierret que je confiais cette lourde reprise : ce que je ne regretterai pas. Après avoir réalisé cinq albums avec Érik Arnoux au scénario, Pierret reprend seul le destin des Crozenc, à partir du dix-neuvième épisode.Né en 1950 en Belgique, Michel Pierret publie ses premiers travaux dans Spirou (1) et Tintin, dont « Papilio » et « Max et Cati ». C’est en 1990 qu’il succède à Jean-Charles Kraehn et anime pendant 30 ans « Les Aigles décapitées », avec une remarquable régularité. Son trait, dans un premier temps un peu hésitant, s’affirme au fil des albums et, très vite, parvient à un réalisme des plus convaincants.Notons que « Les Aigles décapitées » figurent parmi les titres choisis pour la Collection Vécu actuellement en cours de publication chez Hachette collections.

 Henri FILIPPINI

 (1)       Voir Michel Pierret : les années Spirou. « Les Aigles décapitées T30 : L’Ambassadeur » par Michel Pierret

Éditions Glénat (13,90 €) — EAN : 978 2 3440 3767 6

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4 réponses à « Les Aigles décapitées » : la fin de l’aventure…

  1. PATYDOC dit :

    Hachette, c’est bien, mais une intégrale en recueils grand format chez Glénat, ce serait mieux !

  2. Olivier Northern Son dit :

    Est-ce que l’on sait si Michel Pierret prend sa retraite ou a un nouveau projet en tête?

  3. Erik A dit :

    Cinq albums, Henri, pas quatre. (14 à 18) amitiés E