Manu Larcenet nous livre peut-être ici son album le plus personnel, après « Le Combat ordinaire » et « Blast » ! Il nous parle de la mort et de la vieillesse, cherchant à regarder en face ce qui nous échappe : la maladie, la solitude, l’angoisse, les liens que l’on a brisés, le temps qui passe, l’inadaptation à la société… Plus radicalement encore, en se dessinant au bord du vide et en retirant presque tout ce qui pourrait faire écran entre son personnage et le lecteur, il laisse planer cette question qui revient lorsque tout le reste s’effondre : à quoi bon ? « L’Insensé » est un album poétique que certains jugeront parfois inconfortable, mais qui est d’une puissance rare : une œuvre qui refuse les facilités de l’émotion, pour mieux atteindre quelque chose de beaucoup plus profond…
Lire la suite...Sicile au basilic…
Sa famille est enfin réunie. Dix ans déjà que ce n’avait pas été le cas. Tous les enfants sont là… pour son enterrement, à elle, leur mère. Et, de son au-delà narratif, c’est elle, Maria, qui raconte et nous présente un à un ses enfants qu’elle a élevés seule, son mari Pietro l’ayant quittée vingt ans plus tôt. Alors, en route pour Palerme et la réunion de famille…
La famille est aussi hétéroclite que compliquée : il y a Giovanni, le fils ainé, un professeur un peu veule et sa femme Anna, qui n’est pas faite pour lui ; Agata, l’artiste peintre ratée et qui s’entête ; Diego Maria, homosexuel larmoyant, volage et intéressé par l’argent ; Rosalia, la belle infirmière qui vient d’épouser un médecin ; Santo, le plus jeune, journaliste…
L’auteur évoque les grandes étapes de la vie de Maria depuis sa rencontre avec Pietro et par le biais des moments qui ont forgé son goût pour la cuisine. En alternance, la vie de chacun de ses enfants est racontée par eux-mêmes. Entre chaque chapitre, une recette manuscrite car, ce qui les réunit tous, ce n’est pas l’amour familial, mais bel et bien la cuisine et les plats savoureux de leur mère. Maria a d’ailleurs toujours rêvé d’écrire un livre de recettes mais ne l’a pas fait, son plus grand regret, probablement.
Évidemment la réunion de famille vire aux règlements de comptes : échange de vérités bien senties et de secrets bien enfouis. Tout le monde en prend pour son grade et le lecteur est amplement étonné, bouleversé par ce qu’il apprend !
Mais il faut, surtout, souligner la qualité du dessin. Les visages sont incroyablement vivants, le trait incroyablement fluide et élégant. L’album est remarquable dans sa construction comme dans sa réalisation. Rien ne déçoit. Et quand on tourne la dernière page, la Sicile a définitivement le goût du basilic.
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
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« Basilico » par Giulio Macaione
Éditions Ankama (14, 90 €) – EAN : 9791033511809












Excellent album, beaux dessins alléchants, merci pour votre article qui m’a permis de découvrir cette perle bédéesque!