Le chat qui marche !

Des zombies, des chats, un peu d’humour… : voilà des ingrédients improbables pour une histoire fortement inspirée du best-seller de Robert Kirkman  : « Walking Dead ». Vu que la série de comics vient de se conclure, les lecteurs n’ont plus leur dose de zombies : pas sûr que ce manga comble leur appétit. L’alliance improbable de ces deux thèmes, qui font un carton sur internet et auprès des geeks, devait bien arriver. Doit-on prendre ce titre au sérieux ou est-ce une œuvre parodique ? Ni l’un ni l’autre, finalement : la frontière entre les deux genres y étant particulièrement ténue.

Dans un monde ayant sombré dans le chaos et envahi de zombies, Jin est à la recherche de sa femme. Les lecteurs de comics auront immédiatement remarqué des similitudes avec l’introduction de « Walking Dead » : ce qui semble fait exprès. Ce qui change, c’est que dès les premières pages, Jim s’entiche d’un chat blanc qu’il sauve d’une horde de zombies qui a volé son repas  : une souris bien vivante qui se fait boulotter par une morte-vivante. Cheminant ensemble, à la suite de quelques péripéties, ils découvrent que leur salut viendrait d’une île où des survivants ont monté une communauté. Jim en conclut que Satoko, sa femme, doit se trouver là-bas.

Comme dans « Walking Dead », ne cherchez pas à savoir d’où vient l’invasion de zombies. Ce qui est important, ici, c’est qu’un chat est le héros et non un humain. D’ailleurs, sur la couverture, le félin représenté en entier, alors que son humain a jusqu’au visage masqué. Si le chat est immaculé, on ne peut en dire autant de son porteur qui a visiblement combattu pour le sauver. Bien évidemment, le félin semble heureux, alors que l’humain n’affiche aucune expression.

L’histoire est divisée en chapitres très courts d’une dizaine à une quinzaine de pages. Cette particularité fait que l’on est rapidement dans l’action, mais également que celle-ci n’est pas extrêmement développée. Une certaine monotonie peut même s’installer, car ce ne sont pas les quelques rencontres avec des zombies, ou autres humains tentant de survivre qui pimentent énormément le récit. Il n’y a clairement pas de quoi tenir trois tomes à ce rythme-là.

Pourtant, un gros retournement de situation, dans le dernier chapitre, rend tout de suite l’intrigue palpitante. Les humains sont bien secondaires et le héros est indéniablement Yuki : ce chat blanc qui se tire de toutes les situations d’une manière insolente.

Contrairement à la plupart des séries d’horreur, le dessin est ici plutôt clair et il y a peu de représentations vraiment sanguinolentes. Même les zombies, souvent vus de loin, n’ont pas l’air d’une menace si grande. C’est peut-être pour ça qu’il faudrait justement s’en méfier. C’est finalement un manga assez réaliste, surtout dans la représentation du comportement des chats. On sent que le dessinateur a bien observé ses félins pour en reproduire les facéties et leurs mouvements si caractéristiques.

« Walking Cat » est finalement une belle balade en compagnie de Yuki que nous a concocté Tomo Kitaoka. En centrant son récit sur ce chat et en développant lentement son histoire, le lecteur se laisse surprendre… Et il est probable qu’il attende la suite avec impatience, vu qu’elle s’annonce innovante.

Gwenaël JACQUET

« Walking Cat » par Tomo Kitaoka
Éditions Kana (7,45 €) – ISBN : 978-2505085188

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