Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...Tout le potentiel de la BDQ (bande dessinée québécoise) !
Mira Falardeau est une spécialiste de l’humour visuel et autrice de bandes dessinées féministes qui s’est imposée, depuis quelques années comme historienne de la bande dessinée québécoise. Son dernier ouvrage, « L’Art de la bande dessinée actuelle au Québec » publié aux presses de l’université Laval, est un plaidoyer pour une juste reconnaissance de ce medium dans ce pays francophone situé de l’autre côté de l’Atlantique.

Le rayonnement de la bande dessinée québécoise n’est pas aussi minime que certains pourraient le croire de prime abord (1) : ce nouvel essai d’une universitaire, qui a également été professeure en cinéma et communication et de français à l’université Laval, présente et analyse l’œuvre de pas moins de 30 artistes remarquables exerçant aujourd’hui.
Des vétérans Real Godbout, André-Philippe Côté et Henriette Valium aux prometteurs Iris Boudreau-Jeanneau, Zviane, Cab, et Samuel Cantin…
En passant par de fortes personnalités (comme Obom, Michel Rabagliati, Siris, Julie Doucet, Guy Delisle, Paul Bordeleau, Philippe et Pascal Girard, Jimmy Beaulieu, Francis Desharnais, Jean-Sébastien Bérubé ou Julie Rocheleau)…
Et par des graphistes hors pair aux traits plus classiques (tels Thierry Labrosse, Jacques Lamontagne, Jean-Paul Eid, Daniel Shelton, Richard Vallerand, Djief, Delaf et sa scénariste Maryse Dubuc, Voro ou Axelle Lenoir).
Par ailleurs, Mira Falardeau en profite aussi pour énumérer les grandes tendances de la BDQ (abréviation popularisée pour la bande dessinée québécoise) actuelle, pour formuler dix recommandations pour que la bande dessinée soit considérée comme un art à part entière au Québec et pour proposer deux bibliographies idéales de BDQ pour tous les publics : l’une plus axée adultes et l’autre sur la jeunesse.
Cet ouvrage, très abordable, nous offre également une vision approfondie sur l’historique de cet art qui complète parfaitement les précédents essais de notre historienne : notamment « La Bande dessinée au Québec » publié aux éditions du Boréal en 1994 (augmenté et mis à jour sous le titre « Histoire de la bande dessinée au Québec » chez VLB éditeur en 2008), voire son « Femmes et humour » aux presses de l’université Laval/Hermann en 2014. (2)
(1) Voir Vive le Capitaine Kébec : libre !.
(2) Voir Dissertons sur la BD, il en restera toujours quelque chose….
« L’Art de la bande dessinée actuelle au Québec » par Mira Falardeau
Éditions PUL Presses de l’université Laval (29,95 €) — ISBN : 978-2-7637-4758-3



















Je veux juste signaler que la BD » Le femme aux cartes postales » de Jean-Paul Eid et Claude Paiement est un petit chef d’oeuvre, tant pour le dessin noir et blanc tout en nuances de gris et les plans de mise en page, que pour le scénario d’une lenteur jouissive et très subtile… Pour moi, l’une des meilleures BD de ma bédéthèque qui dépasse les 2 000 albums…
Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que l’ACBD a honoré cet album en lui décernant le Prix de la critique ACBD de la bande dessinée québécoise 2016 : http://bdzoom.com/106271/actualites/«-la-femme-aux-cartes-postales-»-decroche-le-prix-de-la-critique-acbd-de-la-bande-dessinee-quebecoise-2016/