Hubert : disparition d’un esthète…

C’est avec une énorme surprise et une très grande tristesse que nous apprenons le décès du scénariste et coloriste Hubert, survenu jeudi 13 février 2020. Cultivé, sensible, à l’écoute des autres et parmi les meilleurs créateurs de sa génération, il n’avait que 49 ans.

Né en 1971 à Saint-Renan, au sein d’une famille très catholique, Hubert Boulard n’a pas eu une jeunesse facile, ayant notamment toujours revendiqué son homosexualité.

Après avoir quitté l’École des Beaux-Arts d’Angers, il décide de tenter sa chance dans la bande dessinée se spécialisant d’abord dans la mise en couleurs, puis dans le scénario.

« Les Yeux verts », sa première série (en deux volumes), est dessinée par Zanzim et est publiée aux éditions Carabas, en 2002 et 2004.

Elle est aussitôt suivie, à partir de 2002, par les cinq volumes du « Legs de l’alchimiste » dessinés par Hervé Tanquerelle, puis par Benjamin Bachelier (en 2006 et 2007), aux éditions Glénat.

Pour la collection Poison Pilote des éditions Dargaud, il écrit, à partir de 2006 et jusqu’en 2009, les quatre épisodes de « Miss Pas Touche » pour les Kerascoët, puis « La Sirène des pompiers » pour Zanzim (2006) et « Bestioles » pour Ohm (2010) ; sans oublier le tome 6 de « WW.2.2 » : une uchronie aux allures de récit de guerre dessinée par Étienne Le Roux…

Aux éditions Dupuis, il scénarise, de 2011 à 2013, la trilogie « Beauté » dessinée par les Kerascoët, laquelle sera très remarquée et primée à plusieurs reprises.

Habitué de la collection 1 000 Feuilles des éditions Glénat, il écrit « La Chair de l’araignée » (2010) et « La Ligne droite » (2013) pour Marie Caillou, le diptyque « Ma vie posthume » pour Zanzim (2012-2013), « Monsieur désire ? » (2016) pour Virginie Augustin et « La Nuit mange le jour » (2017) pour Jean Paul Burckel.Chez Casterman, il supervise le collectif « Les Gens normaux » (2013) et, pour la collection Métamorphose des éditions Soleil, il écrit les superbes « Ogres-Dieux » : trois tomes dessinés magistralement par Bertrand Gatignol.

Chez le même éditeur, il signe le premier tome du « Boiseleur » pour Gaëlle Hersent, en 2019.

Infatigable, il travaillait encore dernièrement sur deux ouvrages : « Ténébreuse » avec Vincent Maillé aux éditions Dupuis et « Peau d’homme » pour Zanzim aux éditions Glénat.

N’oublions pas qu’il était aussi un coloriste aux couleurs sensuelles, très demandé par les dessinateurs. Notons ses « Spirou et Fantasio » pour Yoann et « Atom Agency » pour Olivier Schwartz chez Dupuis, « L’Ordre de Cicéron » pour Paul Gillon chez Glénat, « Le Clan des chimères » pour Michel Suro chez Delcourt, « Par les chemins noirs » pour David B., « 40 éléphants » pour Virginie Augustin…

Par l’originalité de ses histoires, la sensibilité de ses textes et la maîtrise de ses couleurs, Hubert s’était fait une place à part dans la création BD, d’autant plus que, depuis plusieurs années, il était de toutes les luttes pour la défense de la profession d’auteur de bandes dessinées. Il sera difficile à remplacer…

Toute la rédaction de BDzoom.com, dont certains membres l’ont bien connu, présente ses sincères condoléances et sa grande tristesse à ses proches.

 Henri FILIPPINI

 Avec un tout petit peu de Gilles RATIER

 Voir aussi, parmi nos récentes chroniques sur BDzoom.com : « Le Boiseleur » : une belle réflexion écologique…, « Les Ogres-dieux T3 : Le Grand Homme » par Bertrand Gatignol et Hubert, « Monsieur désire ? » par Virginie Augustin et Hubert, « Les Ogres-dieux T2 : Demi-Sang » par Bertrand Gatignol et Hubert, « Petit, les Ogres-Dieux » par Bertrand Gatignol et Hubert, « Le Temple du passé » par Étienne Le Roux et Hubert, « Ma vie posthume » T1 (« Ne m’enterrez pas trop vite ») par Zanzim et Hubert, « Beauté » T1 par Kerascoët et Hubert ou Hubert et Tanquerelle, auteurs du Legs de l’alchimiste.

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