Sans emploi et souvent partisan du moindre effort, Léo vit depuis deux ans chez sa sœur, dans la Nièvre, en attendant de dénicher un boulot. En fait, ce garçon un peu à la dérive n’a qu’un seul rêve : trouver des trésors ! Le souci, c’est que, dans la vallée du Beuvron, ça ne coure pas vraiment les rues. En plus, il s’y prend comme un manche ! Alors, après avoir pratiqué, sans succès, la pêche à l’aimant, il passe à la vitesse supérieure en achetant un détecteur de métaux. Sa frangine, à bout de nerfs, lui donne trois mois pour trouver un travail, sinon elle le vire… Une fois de plus, Duhamel (1) excelle dans la description, sensible et drôle, de ces paumés et petites gens qu’il sait rendre si attachants…
Lire la suite...ZAD, mésanges et Jivaros…
Alessandro Pignocchi est, quelque part, comme ses personnages (qui peuvent être des animaux, qui plus est), un OVNI, à la fois par ce qu’il raconte, ce qu’il imagine et comment il le dessine. C’est également un anthropologue, un humaniste, un écologiste, un lanceur d’alerte… Bref, avec ce détonant « Mythopoièse », l’homme est en soi un auteur indispensable !
Son « Petit traité d’écologie sauvage » (sous-titre de cet ouvrage qui est aussi le titre de son album paru en 2017) est comme dans ses ouvrages précédents, un ensemble d’histoires courtes, basées le plus souvent sur un dessin immuable, ou presque, portées par des dialogues qui ont la couleur de l’absurdité et qui (on s’en rend compte très vite), nous parlent de notre environnement, de nos responsables politiques, des enjeux planétaire…
Les dialogues sont nourris, soutenus et même au bon sens du terme « intellectuels » : la réflexion les porte et ils portent à la réflexion, non sans humour et dérision, bien que les thèmes abordés soient graves. Se succèdent à la barre, pourrait-on dire, Nicolas Hulot, Trump, Macron, Merkel, des mésanges, et un Indien Jivaro qui a décidé de comprendre le monde des habitants de Bois-le Roi. Comme anthropologue, il note ce qu’il voit et tente d’interpréter. Ce qu’il déduit par exemple des échanges dans un marché de banlieue est tout simplement épatant. Le dialogue sur un plateau de télévision entre le journaliste et le CRS casqué est ainsi hilarant, comme l’est la passion des pistes de belettes pour un Trump inimaginable.
L’auteur aimant à disserter pour « changer les consciences », il complète son recueil d’un texte sur les « Rituels » et autres « piliers cosmologiques », une réflexion sur notre attitude à ne pas respecter la nature alors que nous devrions comme les Indiens lui accorder toute notre attention.

Depuis « Anent : nouvelles des Indiens Jivaros » publié en 2016 chez Steinkis (cf. notre chronique sur BD Zoom), Pignocchi a signé plusieurs albums (notamment « La Cosmologie du futur » en 2018) dont nous vous conseillons la lecture drôle et éclairante puisqu’ils abordaient déjà des mêmes thèmes, des lectures d’autant plus agréables que Pignocchi dessine très bien les mésanges ! Enfin, comme tout le monde, allez donc voir ce que veut dire « mythopoièse » sur Wikipedia !
Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/
[L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook.
« Mythopoïèse » d’Alessandro Pignocchi
Éditions Steinkis (16 €) – ISBN : 978-2-68463-29-1













