Le Capt’ain Swing rebondit…

Indestructible Capt’ain Swing qui occupe une fois encore l’actualité BD plus de vingt ans après la parution de son ultime aventure inédite. Et pas seulement une fois, puisque ce sont deux bonnes raisons qui lui permettent de revenir à la Une : Une nouvelle réédition chronologique de ses aventures et la publication du dernier petit format proposant la traduction de son ultime combat contre les « habits rouges » inédit en France.

L’histoire débute en 1773 dans les colonies d’Amérique du Nord alors que les colons se révoltent contre les tristement célèbres « habits rouges » anglais. Les patriotes américains s’unissent pour lutter contre la tyrannie venue d’Europe. Parmi eux, le dynamique Capt’ain Swing, coiffé d’une toque de fourrure de loutre et ses « Loups de l’Ontario », basés à Fort Ontario. Accompagné par le barbu bavard Mister Bluff  et Hibou Lugubre (Gufo Triste), un indien qui évoque sans cesse ses ancêtres, mais aussi par le chien Pouik (Flok) un affreux bâtard prêt à mordre l’ennemi, il parcourt le pays déjouant complots et trahisons. Il est secrètement amoureux de la jolie Dorothy (Betty) qu’il épousera dans son ultime aventure.

Ce personnage au succès sans précédent est l’oeuvre du studio italien EsseGesse réunissant trois maîtres du fumetti, Dario Guzzon (1926/2000), Pietro Sartoris (1926/1989) et Giovanni Sinchetto (1922/1991). Ils sont les créateurs de séries qui aujourd’hui encore font rêver les lecteurs de l’immédiat après-guerre, « Kinowa » en 1950,  « Capitan Miki » (« Miki le ranger » en 1951, « Il Grande Blek » (« Le Petit trappeur ») en 1953, « Alan Mistero » (« Ombrax ») en 1965.

« Capt’ain Swing » est apparu en France en juillet 1966 dans un mensuel de petit format des éditions Aventures et Voyages dirigées par Bernadette Ratier. Les lecteurs italiens devront attendre le mois de septembre pour le découvrir dans un format plus grand sous le nom de « Comandante Mark ». Il sera le héros de 281 épisodes de 64 pages publiés jusqu’en janvier 1990 par la Nuova Collona Araldo,puis par Cépim et enfin par les éditions Araldo de Sergio Bonelli. Une réédition mensuelle regroupant deux épisodes, totalisant 141 numéros, est proposée de 1990 à 2001 sous le titre Tutto Markainsi que onze numéros spéciaux annuels présentant des aventures inédites de 128 pages. En France, la première série de petits formats compte  296 numéros parus jusqu’en février 1991 mais les derniers récits proposés sont des rééditions. Une nouvelle série est publiée à partir d’avril 1994 dont l’ultime fascicule, le 300 est annoncé pour avril prochain. Toutes les histoires publiées dans cette seconde série reprennent les épisodes déjà traduits en France, sauf ce dernier numéro 300 daté d’avril 2019 qui offre une histoire inédite et pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit de la dernière aventure du « Comandante Mark » parue dans l’ultime numéro italien, « L’ultima victoria » traduit en France « La Victoire finale ». Un épisode pas comme les autres qui s’achève par le mariage de Swing avec sa chère Dorothy en présence des ses vieux amis, mais aussi du grand Blek et de Miki le ranger… Une histoire créditée au studio EsseGesse à ne pas manquer ! (132 pages noir et blanc, 4,90 €, en kiosque).

Curieusement c’est un mois avant la parution de ce dernier numéro 300 que Mon Journal propose le premier numéro d’un nouveau mensuel dédié au Capt’ain Swing sous le titre Super Swing. Un plus grand format, 16,5 cm x 23 pour ce magazine de 68 pages en noir et blanc qui reprend une fois de plus la série à son début à raison d’un demi épisode par numéro. La réédition d’une aventure du « Capt’ain Vir de Bord » par Michel Giroud et un rédactionnel  lui aussi extrait du fond Mon Journal, complètent un sommaire peu convaincant. On peut aussi y lire le premier chapitre d’une « Histoire de la BD petit format » signée Dominik Vallet.

Les éditions Bocage, dernier avatar d’une lente descente aux enfers des éditions Aventures et Voyages, publient ce journal vendu au prix prohibitif de 4,95 €. Il aurait été plus malin de traduire les onze récits de 128 pages toujours inédits en France proposés dans les annuels de Bonelli. Les créateurs décédés, la plupart d’entre eux sont mis en images par l’excellente Lina Buffolente (1924/2007).  A noter qu’après le changement de formule de Capt’ain SwingAkim lui aussi édité par Bocage (Bimestriel, 132 pages, 5,50 €) est le dernier format de poche à paraître en France. La mise en place étant chaotique ont peut se procurer ces ouvrages chez l’éditeur : Bocage, 25 avenue Léonard de Vinci, ZA de Conneuil, 37270 Montlouis sur Loire, 06 44 95 39 80).

Henri FILIPPINI

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6 réponses à Le Capt’ain Swing rebondit…

  1. Miki dit :

    « et de Miki le ranger »

    dont les aventures se déroulent plusieurs dizaines d’années plus tard.

    88 miles à l’heure Henri…

  2. JanSheng dit :

    A ce prix (voir un euro plus cher), on n’aurait pu espérer que l’histoire soit complète et comme pour les petits formats, avec une autre série en complément. Que faire pour enfin voir réédité nos héros que sont Capt’ain Swing, Zembla, Yuma, Tex, le Fantôme, Mandrake le magicien etc.. et aussi Miki le ranger.

  3. caramel dit :

    Le dossier de domminik vallet est tres bien fait dans cet ultime n°. Il y parle de lina buffolente ainsi que de la série secondaire Puma noir

  4. fifi dit :

    Les éditions Fordis doivent publier un Tex Willer inédit ces jours-ci.
    Ce serait bien d’en savoir plus sur les intentions.
    Merci de continuer de faire vivre tout ça.

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