Les joyeuses colonies de vacances dans l’espace avec « Astra »…

S’il y a bien un domaine dans lequel on n’attendait pas l’éditeur Nobi-Nobi, c’est bien celui du Shônen d’anticipation. Son cœur de cible étant habituellement plutôt jeune. Est-ce dû à son rachat par Pika en 2016 ? Même si « Astra » reste un Shônen, il s’adresse principalement à un public entre deux âges. Celui où l’on évolue vers des histoires un peu plus complexes sans toutefois être en mesure de suivre une aventure trop fouillée. Du coup, ce livre peut en effet avoir sa place dans une collection destinée aux enfants qui ne sont pas encore des adolescents à part entière.

L’histoire d’« Astra » débute dans un futur où les voyages spatiaux au-delà de la vitesse de la lumière sont monnaie courante. Il est apparemment envisageable de parcourir 5012 années-lumière en moins d’une centaine de jours. Un exploit techniquement impossible avec nos connaissances actuelles de la physique. Certaines choses vont donc évoluer en un quart de siècle puisque ce genre de voyage ne poserait plus de problème en 2063. Du moins, l’auteur prend des libertés afin de rendre plausible l’improbable.

Bien sûr, le scénario est totalement improbable en tenant compte des connaissances scientifiques actuelles. Et elles ne devraient pas autant progresser en un peu plus d’une cinquantaine d’années. Surtout qu’il a été démontré l’impossibilité de voyager plus vite que la vitesse de la lumière. Donc, faisons fi de ce non-sens pour nous intéresser à la dramaturgie. Est-ce bien raisonnable ? Apparemment non puisque dès leur arrivée ils vont se retrouver dans une situation improbable et donc en mode survival. C’est à se demander à quoi pensent les adultes du futur. Mais sans ça il n’y aurait pas eu d’histoire, donc, pourquoi pas  !

« Astra » ce n’est pas qu’un récit de science-fiction, c’est avant tout une aventure hors du commun où ce groupe va devoir survivre. Comme toujours dans ce genre de récit, il y a un intrus qui essaye de saboter le voyage et apporter un peu de piment supplémentaire dans une aventure déjà rocambolesque. Malgré toutes les incohérences que je vous ai décrites, « Astra » est un récit palpitant, extrêmement amusant et facile à appréhender. Son positionnement jeunesse est pleinement justifié et le lecteur accepte rapidement d’être entraîné dans cette aventure qui aurait pu être palpitante pour ces adolescents et qui est maintenant oppressante. Embellis par un dessin classique et dynamique, on ne peut qu’enchaîner les pages rapidement dans l’espoir d’en apprendre un peu plus et découvrir quel nouveau malheur va s’abattre sur le groupe.

Son positionnement jeunesse est pleinement justifié et le lecteur accepte rapidement d’être entraîné dans cette aventure qui aurait pu être palpitante pour ces adolescents et qui est maintenant oppressante.Embellies par un dessin classique et dynamique, on ne peut qu’enchaîner les pages rapidement dans l’espoir d’en apprendre un peu plus et découvrir quel nouveau malheur va s’abattre sur le groupe.

Le créateur d’  « Astra » est loin d’être un inconnu puisqu’il a déjà à son actif un manga plutôt humoristique « Sket Dance » paru chez Kazé. Il est bon de noter que cette série de science-fiction est montée sur la troisième place du podium du prix Kono manga ga sugoi de 2019 (1). L’année passée les titres récompensés étaient « The Promised Neverland »,« To Your Eternity » et « Beastars ». Trois titres devenus incontournables.

Le lancement d’une série d’animation basé sur « Astra Lost in Space » a été annoncé. Voici un des premiers visuels. À noter que l’on aperçoit les personnages principaux flottant dans le vide de l’espace bien qu’aucun ne porte de casque.

Prévu pour se conclure en seulement cinq volumes, l’aventure avance rapidement et ce premier tome, même s’il est rempli de nombreuses réflexions et d’explications scientifiques pseudo crédibles, ne perd pas de temps en détails inutiles. Cela reste efficace et très convaincant.

Gwenaël JACQUET

« Astra Lost in Space » par Kenta Shinohara
Édition Nobi-Nobi (7,20 €) – ISBN  : 9782373492590

(1) Kono manga ga sugoi pourrait être traduit par : voici un manga fabuleux, est un prix décerné chaque année par l’éditeur Takarajimasha listant les vingt manga le plus lus dans l’année écoulée.
La liste complète pour 2019 est la suivante   :
1. « Heavenly Delusion » de Masakazu Ishiguro
2. « Kengôji-san wa Mendōkusai » de Minoru Toyoda
3. « Astra Lost in Space » de Kenta Shinohara
4. « The Blue Period » de Tsubasa Yamaguchi
5. « Shûmatsu no Walküre » de Shinya Umemura, Ajichika, Takumi Fukui
6. « Shôwa Tennô Monogatari » de Issei Eifuku, Kazutoshi Handô, Junichi Nojo
7. « Losers ~Nihon Hatsu no Shûkan Seinen Manga-sha no Tanjô » de Kôji Yoshimoto
8. « Gokushufudô » de Kôsuke Ôno (8e à égalité)
9. « Raise wa Tanin ga Ii » de Asuka Konishi (8e à égalité)
10. « Heaven’s Design Team » de Hebi-Zou, Tsuta Suzuki, Tarako
11. « Hokuhokusei ni Kumo to Ike » de Aki Irie
12. « Efu no Shichinin » de Takayuki Yamaguchi (12e à égalité)
13. « Koko wa Ima kara Rinri desu » de Shiori Amase (12e à égalité)
14. « Kasane » de Daruma Matsuura
15. « Fûto Tantei » de Riku Sanjo, Masaki Satou, Shotaro Ishinomori, Hideaki Tsukada, Katsuya Terada
16. « For Immortal Children in the Galaxy » de Yûki Shikawa (16e à égalité)
17. « Getsuyôbi no Tomodachi » de Tomomi Abe (16e à égalité)
18. « Hell’s Paradise: Jigokuraku » de Yûji Kaku (16e à égalité)
19. « The Fable » de Katsuhisa Minami (19e à égalité)
20. « Warera Contactee » de Rui Morita (19e à égalité)

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