Le droit contre la terreur : une guerre inégale et sans fin…

Dans le 1er tome de « Compte à rebours », le juge anti-terrorriste Antoine Duquesne, qui travaille étroitement avec la DGSI et particulièrement avec le Commandant Corbier, est amené à classer l’enquête sur Abou Othman, un djihadiste converti, à l’annonce de sa mort. Un terroriste arrêté leur révèle leurs méthodes et actions, mais dit-il tout ? Libéré faute de preuves, il commet un attentat sur le périphérique. Culpabilisant, le juge songe à muter.

Dans ce tome 2, il tient néanmoins à achever sa mission, interrogeant un autre islamiste pris dans une longue traque policière. L’attentat précédent livre ses indices, la Police avance et découvre bientôt que le Louvre pourrait être une prochaine cible. Le juge et le responsable policier collaborent activement, s’apprécient et se parlent sans détour. Dans l’intervalle, les adversaires ne perdent pas de temps et préparent un autre attentat contre un avion, qu’ils réussissent. Après ce choc, la protection du Louvre et de ses innombrables visiteurs s’intensifie, sur fond de rivalité policière.

Célèbre ex juge pénal, Marc Trévidic, au discours clair et nuancé, tient la plume de cette histoire haletante et très réaliste, mais aussi le premier rôle, reconnaissable dans les traits du juge. La justice pénale, déjà souvent spectaculaire, offre avec l’anti-terrorisme, une vision de choix, à la fois véridique, quotidienne et instructive. Les initiatives de la Police judiciaire et la recherche obstinée et longue sont vues de l’intérieur, évidement avec justesse. Comme une série policière (ou judiciaire) authentiquement construite, ne négligeant aucun détail vrai, l’histoire se suit très bien. Le dessin ne peut qu’être réaliste, jusqu’à être « froid » comme un portrait-robot, faisant passer « IR$ » pour du stylisme exacerbé. Mais c’est sans doute le choix assumé et la force de cette BD, comme ces films « reportage sur le vif », qui adoptent la forme documentaire. Mais ajoutons que les scènes d’action et l’atmosphère de travail policier et d’attente sont bien rendues.

Le lecteur est servi et pris par cette intrigue, cette longue traque qu’il ne peut pas lâcher, c’est bon signe. Le mot de la fin au responsable policier, sage et souhaitant prévenir d’autres drames : « Ceux qui veulent revenir de Syrie et d’Irak,  il faut être irresponsable pour les laisser rentrer. Ce sont des traîtres à la patrie et on les passe par les armes, point final. Un jour, on regrettera d’avoir pris des gants avec eux, j’en suis sûr. » Au vu des enjeux à venir, on ne saurait dire mieux.

Patrick BOUSTER

« Compte à rebours T2 : Le Piège de verre » par Marc Trévidic, Matz et Giuseppe Liotti

éditions Rue de Sèvres (15 €). ISBN : 978-2-369-81452-8

 

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