« Green Class » : alerte au virus !

Cette nouvelle série des éditions du Lombard, en priorité destinée à un lectorat ado, ne laissera pas les plus âgés indifférents. Mettant en scène six adolescents affrontant une pandémie implacable, elle possède tous les atouts pour séduire les amateurs de zombis de tous âges scotchés à « The Walking Dead », mais aussi les lecteurs de séries plus classiques. D’autant plus que les auteurs prometteurs, tous deux nouveaux venus depuis peu en BD, ne peuvent que progresser.

Après avoir passé quinze jours loin du monde, au coeur du marais de Louisiane afin d’observer la nature, un groupe d’une trentaine d’adolescents orphelins venus de la lointaine Toronto au Canada, s’apprête à rejoindre la civilisation. Alertés par des avions survolant le bayou, ils découvrent un spectacle de fin du monde. La population a disparu, seuls restent l’armée dont les hommes brûlent les corps des infectés ou pratiquent le tri des derniers habitants. Une pandémie provoquée par un virus inconnu, le virus HBV2, transforme en quelques jours les humains en monstres végétaux dotés d’une force inouïe.

Un contrôle sanitaire conclut à la contamination du gentil Noah en train de muter malgré un nouveau traitement expérimental. Cinq de ses amis décident de rester auprès de lui alors que le reste du groupe prend l’avion pour Toronto. Un mur infranchissable a été édifié par l’armée afin de boucler la zone du reste du monde. Confrontés à un univers hostile, Lucas, Naïa, Linda, Beth et Sato font tout ce qu’ils peuvent afin de sauvegarder la vie de Noah qui peu à peu se transforme en un être cauchemardesque et incontrôlable.

Le scénario sans être vraiment original, les histoires de zombis ne manquent pas ces temps ci en BD comme ailleurs, bénéficie d’un découpage rythmé où l’action va crescendo. Comme beaucoup de dessinateurs de sa génération David Tako avoue de nombreuses références : Satoshi Kon, Yoshiyuki Sadomoto et Noaki Urasawa mais aussi Humberto Ramos, Sean Murphy, Alessandro Barbucci et Glen Keane. Si son trait lorgne vers le manga, il faut y ajouter la sensibilité d’un Barbucci et le dynamisme de Ramos. A l’arrivée, son travail original intéressera les amateurs de Manga mais aussi un lectorat plus traditionnel. Regrettons les trop rares décors et les trop nombreux gros plans. Un premier album que l’on peut considérer comme prometteur.

Jérôme Hamon, diplômé d’une école de commerce et d’une université américaine a débuté comme analyste financier à New York avant de parcourir le monde. Il propose son premier projet BD en 2008 mais signe son premier contrat en 2013, « Yokozuna » pour Kana, puis « Nils » avec Carrion chez Soleil, suivi de « Emma Capucine » chez Dargaud en 2017. C’est après avoir suivi des études spécialisées en animation 3D que David Tako travaille pour les jeux vidéos mobiles et l’animation. Il aborde la bande dessinée en 2018 avec la réalisation d’une courte histoire du « Marsupilami » avec Jérôme Hamon pour les éditions Dupuis. « Green Class » est sa première bande dessinée de longue haleine.

Notons qu’un dossier graphique est proposé en fin d’album.

Henri FILIPPINI

« Green Class T1 : Pandémie » par David Tako et Jérôme Hamon

Éditions du Lombard (12,45 €)  - ISBN : 978 2 8036 7238 7

 

 

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