« Batman : Dark Knight 3 : » un chevalier chantant la vie et les couleurs…

Un recueil bienvenu et un ouvrage imposant, dans les deux sens, pour l’année des quatre-vingt ans de Batman, voilà comment l’on peut définir ce recueil des épisodes de Frank Miller et Brian Azzarello, « The Master Race », parus entre 2016 et 2017, faisant suite au récit culte « Dark Knight » des années quatre-vingt.

« Batman The Dark Knight » à paru en 1987 et à bouleversé l’univers des comics, alors dans une phase laborieuse. Après deux premiers chapitres (« DK2 » étant l’équivalent en France de « Dark Knight Returns », le second tome), Frank Miller avait laissé son personnage principal dans une situation difficile. Blessé à mort après sa bataille, associé à la Ligue de justice, contre Brainiac et Luthor, et caché aux yeux du monde dans l’un de ses grottes, le vieux héros panse ses plaies et suis la fin des super héros à distance. Superman est quant a lui piégé dans un bloc de glace dans sa forteresse de solitude, et les autres super-héros, disséminés dans l’espace.

Ne reste que Carrie Kelley, son acolyte douée, et future Batwoman. Wonder Woman elle, est retournée sur Themyscira élever son jeune fils, tandis que Lara, le premier enfant qu’elle a eu avec Superman, jeune femme aux pouvoirs kryptonien vivant mal la disparition de son père, fait appel aux services de Ray Palmer (alias Atom), afin de libérer les habitants de la citée miniaturisée de Kandor…
Dans ce dernier (?) chapitre, produit seize ans après « DK2 », la population de Gotham se réveille au son des informations révélant d’étranges apparitions de feu Batman dans les rues. Serait il de retour ?…

C’est un réel plaisir que de retrouver le rythme si particulier de Frank Miller, découvert trente ans plus tôt sans le premier opus de la série. Et même si on avait eu, avouons le, un peu de mal à appréhender tous les dialogues et toutes les petits phylactères branchés des échanges de communications télévisuels et téléphoniques incessants, typiques de son style d’alors, il faut reconnaître que c’est un moyen hyper efficace pour nous plonger dans l’ambiance de la rue moderne. C’est encore plus vrai aujourd’hui en 2019 où les SMS ont remplacé les flux d’informations hertziens.
Le recueil commence avec un « livre » (un chapitre) dessiné par Andy Kubert. Il nous présente la vie à Gotham en direct et la réalité qui se cache derrière la cape du chevalier noir. Il est ensuite suivi d’un livre « Appendice », dessiné par Frank Miller lui-même, Eduardo Risso ou John Romita junior, mettant en avant un personnage, en particulier, pris dans le continuum de l’histoire. Ce sera un principe alternatif durant tout le long.

Que le dessin des uns ou des autres soit magnifiquement encré par Klaus Janson ou pas, c’est un bonheur de pouvoir alterner ainsi un style un peu plus classique, mais décrivant des scènes et des personnages de toute beauté, puis passer au style hallucinant du maestro. Lorsque John Romita, sur l’appendice consacré à Green Lantern, fait le découpage et Miller la finition, on se croirait un peu devant du Moebius. Et lorsque Miller est seul, avec ou sans encrage, ce sont les années quatre-vingt, peut être un peu plus flashy encore, costumes de Lana : bleu violet et celui de Cat Girl : violet et vert, expliquant cela, qui nous pètent en pleine poire.

Au delà de l’aspect purement graphique qui offre déjà un plaisir immense, cette histoire de famille, comme jamais vue : unie – désunie durant une grande partie du récit, émeut comme rarement. Car il ne s’agit pas de n’importe quels personnages. Ces êtres là luttent, comme souvent, certes, pour aider le monde dans lequel ils vivent et justifier ainsi un peu leur place en son sein, mais ici, beaucoup de faisceaux ou d’étoiles s’alignent, pour faire de cette attaque de la secte des adorateurs kryptoniens de Quar un événement encore plus particulier, nécessitant une intelligence et une solidarité accrue des terriens. Sur le constat familial se greffe donc aussi la relation particulière unissant un Batman mourant à un Superman revigoré.

…Amitié masculine, relation père fille, mère fille, ou de communauté entre Lana, Superman et les kryptoniens, si nous sommes dans un récit de super héros, c’est bien d’humanité dont nous parlent Frank Miller et Brian Azzarello avec ce dernier tome de « Batman Dark Knight ». Et pour le coup, malgré la noirceur de certains passages, ce sont surtout les couleurs, réalisées par Alex Sinclair qui définissent ce chevalier noir et cette magnifique histoire, chantant…la vie.
Un grand cru.

Franck GUIGUE


Le 25 janvier est aussi paru chez Urban Comics :
« Dark Knight III : les couvertures ».

Un album cartonné de 150 couvertures, de tous les artistes concernés, compilées pour la première fois en un unique ouvrage. Elles sont agrémentées de recherches et croquis inédits ainsi que d’une introduction de Klaus Janson, encreur de « Dark Knight Returns ». Un vrai choc esthétique, et une sorte de ArtBook immanquable.

« Batman Dark Knight III » par Frank Miller, Brian Azarello, Andy Kubert…
Éditions Urban comics (35 €) – ISBN : 9791026815600

« Dark Knights III : les couvertures » par Frank Miller et divers
Éditions Urban comics (29 €) – ISBN : 9791026817000

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