René Goscinny : fonds de tiroirs…

La signature de René Goscinny a été présente dans la presse BD dès les années cinquante, d’abord comme auteur complet, rapidement comme scénariste. Le Monde publie un numéro hors série réunissant des planches anciennes, mais aussi quelques pépites réalisées au temps déjà si lointain de Pilote. À déguster sans modération.

En 1951, René Goscinny rejoint le bureau parisien de la World Press fondée par le belge Georges Troisfontaines où il fait la connaissance d’Albert Uderzo. Ce hors série, véritable caverne d’Ali Baba, débute avec quelques pages des aventures de « Dick Dick’s », série policière conçue alors qu’il résidait encore aux États-Unis et dont il est l’auteur complet. Notons que ces pages ont été mises en couleurs pour la première fois sous le regard attentif de l’Institut René Goscinny.

Le voyage se poursuit avec quelques planches de « Alain et Christine » série écrite avec la complicité de Jean-Michel Charlier, duo enfantin campé par Martial (« Sylvie ») présent à partir de 1953 dans le supplément jeunesse de La Libre Belgique. C’est pour le même quotidien belge qu’il a imaginé les facéties de « Fanfan et Polo » illustrées par Dino Attanasio (« Signor Spaghetti »). Ce bref voyage dans les années cinquante se termine avec « L’Affaire Murdock », une nouvelle publiée une première fois par Le Moustique,  illustrée pour cette reprise par Uderzo, publiée dans Paris-flirt.  Arrive la décennie suivante, celle des débuts de Pilote, où René Goscinny ne s’est pas contenté d’écrire « Astérix ». On peut savourer quelques pages du « Potache est servi » rubrique illustrée par Cabu, mais aussi « Les Aventures du facteur Rhésus » illustrées en 1964 par la débutante Claire Bretécher pour L’os à moelle, « Les Colère du grand-père Victor », nouvelles illustrées par Sempé (« Le Petit Nicolas ») pour le mensuel Luxembourg Sélection, un épisode de « Record et Véronique » dessinées par Will pour le nouveau mensuel Record.Un dernier chapitre réservé aux « années Pilote (1963/1973) » invite le lecteur a découvrir une rubrique Auto illustrée par Greg, un conte avec des dessins de  Jacques Faizant, des textes d’humour imagés par Cabu, un récit en deux planches signé avec Jean-Claude Mézi (Mézières), une parodie western avec Morchoisne, d’autres avec Giraud, Gotlib, Grammat, Gibo…

Dernière découverte, quelques planches d’une curiosité qui a surpris plus d’un lecteur de l’époque : une BD mêlant bande dessinée et photos, écrite par Goscinny pour le dessinateur Roger Jay présent à l’époque dans les pocketsde la SFPI. « Les Aventures de Pierre et Paul » ne dureront que quelques mois, en retrouver ici quelques pages est émouvant.

Conçu par Frédéric Potet, journaliste au Mondequi en signe la préface et les textes de présentation, cet excellent hors série publie un entretien avec Anne Goscinny qui évoque bien sûr son père, mais aussi la création de l’Institut René-Goscinny dont le but est de préserver les archives personnelle du scénariste (15, Avenue Victor Hugo, 75116 Paris, www.institut-goscinny.org). Vous me direz que ne sont là que des fonds de tiroirs, peut-être, mais des bijoux que bien des auteurs d’aujourd’hui aimeraient pouvoir revendiquer la paternité.

Henri FILIPPINI

« Les Trésors retrouvés de René Goscinny », Le Monde hors série N° 18, 100 pages couleurs, 8,50 €.

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3 réponses à René Goscinny : fonds de tiroirs…

  1. Kroustilyion dit :

    M’oui… Et REN RIEN RIEN de sa collaboration avec Vic Hubinon, comme d’habitude. « La nuit merveilleuse de Philippe », « Le cheval de Jeannot », 300 (300 !!) planches de « Pistolin », c’est vraiment pas reconnaissant envers ce dessinateur fabuleux.

  2. GAUMER dit :

    « J’ai réalisé avec lui Pistolin sur quelques épisodes et puis aussi de la publicité pour les disques qui s’appelait : La nuit merveilleuse de Philippe. Une nuit merveilleuse qui m’a coûté huit jours et il a fallu drôlement ramer pour arriver au bout. » (Hubinon in Schtroumpf – Les Cahiers de la bande dessinée, n° 35).
    Si quelqu’un a plus d’infos sur cette collaboration, je suis preneur !
    Bien cordialement,
    Patrick Gaumer

  3. Olivier Northern Son dit :

    Publication très intéressante mais parfois frustrante : « Dick Dick’s » semble incomplet, par exemple.
    Une mise en bouche avant la publication d’archives plus complètes?