Bécassine, toujours bon pied bon œil …

Après un long sommeil, Annaïk Labornez est revenu en force parmi les héros de bande dessinée qui comptent. Plus que centenaire (113 ans !), elle envahit librairies et salles obscures avec une remarquable santé faisant la nique à des héros bien plus musclés. Un nouvel album, tout aussi séduisant que le précédent, vient de sortir…

Revenue à Clocher-les-Bécasses, Bécassine habite la maison du brave oncle Corentin. Elle s’occupe d’un charmant garnement âgé de cinq ans particulièrement turbulent, Oscar, le fils de son amie Lolotte. Cette dernière vit à New York  où sa carrière d’actrice l’a conduite avec son mari Philip Sunburn. Le retour au village de Marie Quillouch, l’insupportable cousine de Bécassine ,vient compliquer les choses. D’autant plus qu’elle est accompagnée par Charlotte, une méchante petite sainte nitouche venue du Nord qui prend plaisir à torturer le pauvre Oscar. Oscar qui a disparu lorsque Lolotte et Philip débarquent en Bretagne. Pauvre Bécassine !

La petite bretonne n’a pas pris une ride depuis son arrivée en 1905 dans l’hebdomadaire pour jeunes filles sages La Semaine de Suzette. Vêtue de son légendaire costume traditionnel, un parler toujours aussi imagé, elle séduit par sa fraîcheur, sa naïveté et son bon sens. Éric Corbeyran, plus de 300 albums au ton réaliste au compteur, s’est glissé avec une stupéfiante aisance dans les subtilités scénaristiques de Caumery, alias Maurice Languereau éditeur de la Semaine de Suzette. Plus miraculeux encore, Béja, dessinateur apparu dans Métal Hurlant à la folle époque de la nouvelle Ligne Claire, qui sans se renier propose des pages qui semblent tout droit sorties du crayon de Joseph-Porphyre Pinchon le papa de Bécassine.

Né en 1961, résident dans la région de Toulouse, Béja a débuté très jeune dans le monde de la bande dessinée inspiré par l’oeuvre de Jacobs. Notons parmi une bibliographie de qualité : « Les Griffes du hasard », « Nolimé Tangaré », « Frantic », « Bye-Bye tristesse », « Les Compagnons du rêve », « Les Griffes du hasard »… Il rejoint Hachette propriétaire de Gautier-Languereau en 2016 avec la publication d’un premier album de Bécassine. Pour le même éditeur, sur une adaptation de son père Nataël, il propose une version lumineuse du « Club des Cinq » en 2017.

Notons qu’en juin dernier, Bécassine a été l’héroïne d’un long métrage distribué par UGC, réalisé par Bruno Podalydès avec Émeline Bayart, Karin Viard, Josiane Balasko… Si les 210 000 entrées en salles sont modestes, ne ratez pas sa sortie en DVD ces jours-ci et son prochain passage à la télévision.Ultime conseil, si vous souhaitez (re)découvrir les albums de Caumery et Pinchon, ils sont disponibles chez le même éditeur qui a réuni récemment les courtes histoires demeurées inédites en une série de trois volumes sous le titre « Les Historiettes ».

Henri FILIPPINI

« Bécassine  T2 : Baby-sitter » par Béja et Éric Corbeyran

Éditions Gautier-Langureau (13,95 €) – ISBN : 978 2 01460 177 0

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Une réponse à Bécassine, toujours bon pied bon œil …

  1. Fab dit :

    Béja, excellent dessinateur, me semble ici plus proche de Chaland que de Pinchon. Quand on voit sa Bécassine, on se prend à le rêver dessinateur de Tintin.