« We Never Learn » T1 par Taishi Tsutsui

C’est la rentrée des classes. Et qui dit rentrée, dit nouvelle histoire scolaire en manga. Nariyuki, un élève plutôt doué est pourtant constamment devancé par deux de ses camarades. Mais si l’une excelle en littérature et l’autre en science, elles sont par ailleurs perdues dès que le sujet sort de leur domaine de compétence. Voici donc la nouvelle romance scolaire que nous propose Kazé pour passer cette année scolaire en charmante compagnie.

Rizu Ogata et Fumino Furuhashi sont deux génies dans leur domaine : les mathématiques et la littérature. Nariyuki Yuga l’a appris à ses dépens. Lui qui pensait être un étudiant brillant se voit relégué en seconde place dans ces deux matières. Or, Nariyuki est très pauvre. Du coup, il lui faut impérativement obtenir une recommandation pour suivre le cursus universitaire de son choix. Rizu et Fumino rêvent également d’intégrer l’université de leur choix. Malheureusement, ce choix n’est pas en adéquation avec leur compétence hors-norme dans un domaine précis. Autant Rizu excelle en math et Fumino en littérature, autant elles sont perdues dans tous les autres domaines. Et c’est peu de le dire.

Nariyuki sent que la recommandation risque de lui échapper lorsqu’il est convoqué chez le proviseur. Ce dernier va pourtant lui faire une proposition qu’il ne peut refuser vu sa situation précaire : il doit devenir le tuteur des deux jeunes filles qui font la fierté de l’établissement et ainsi leur permettre de réussir l’examen d’entrée de l’université de leur choix. La tâche s’annonce difficile car, en plus d’être incompétente dans plein de domaines, elles sont têtues et légèrement acariâtres. Voilà le pauvre Nariyuki embarqué dans une bien étrange histoire.

Avec « We Never Learn », Taishi Tsutsui renouvelle le style harem où plusieurs jeunes filles convoitent le même garçon. Ici, il est, au départ, peu question de romance. Seule la course au diplôme compte. On voit des élèves studieux et dépassés par l’ampleur des données à emmagasiner pour arriver aux sommets. Cela devrait rappeler pas mal de choses aux lecteurs ciblés par ce manga. C’est bien sûr amusant de voir que les deux jeunes filles, si elles sont des génies dans leur domaine, restent sans voix face à des problèmes basiques. Elles sont paniquées à l’idée d’échouer tout en n’ayant aucune idée de la raison de cet échec. Nariyuki va se retrouver désemparé lorsqu’il va se rendre compte de l’ampleur de la tâche qui lui a été confiée. On croit qu’il va se décourager dès la première rencontre. Mais comme son avenir est également en jeu, il va finalement travailler encore plus fort afin de leur préparer des notes censées les guider et leur faire comprendre leur point faible.

Bien évidemment, ce duo de grosses têtes va vite se transformer en trio avec l’arrivée de Takemoto, une jeune fille sportive adepte de natation. Elle excelle dans ce sport mais compte sur son camarade Nariyuki pour lui passer son cahier afin de recopier les résultats des cours qu’elle ne comprend pas, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas sportif. Ce que le lecteur voit tout de suite, c’est que cette tactique permet à la jeune fille de se rapprocher négligemment du jeune homme qu’elle aime en secret. Nariyuki, de son côté, concentré sur ses études, ne s’est même pas rendu compte de son succès. Ce que la nageuse ne sait pas, c’est que le proviseur tient également à la recommander pour une université prestigieuse axée sur le sport. Or aujourd’hui, avoir des muscles ne suffit pas et l’anglais, entre autres, est une discipline obligatoire pour espérer progresser au plus haut niveau. Takemoto va donc être contrainte d’étudier avec ses deux camarades sous la direction de ce professeur improvisé.

Taishi Tsutsui a un trait fin et des personnages charismatiques, tout en rondeur pour les rôles féminins, un peu plus anguleux en ce qui concerne les hommes. Le dessin est fluide et évolue aisément d’attitudes sérieuses vers quelque chose de plus comique et vice et versa : ce qui permet de ne pas prendre cette histoire trop à la légère quand il est question d’études, mais aussi de bien se divertir avec les nombreux quiproquos émaillant le genre harem. Il n’y a pas de fan service trop poussé, mais l’auteur trouve quand même le moyen de glisser une scène de douche et bien évidemment des scènes de piscine ou forcément, Takemoto doit ajuster négligemment son maillot. Cette dernière, bien plus délurée que Rizu et Fumino, sert clairement d’élément comique dans l’histoire.

« We Never Learn » est un manga divertissant. Les situations ne semblent pas totalement surréalistes même si le lecteur peut être dépité devant les problèmes, pourtant basiques, rencontrés par ces jeunes filles qui sont cependant des génies dans leur domaine. Néanmoins, les conseils distillés au fil des pages sont souvent bons à prendre pour soi-même et progresser en étudiant de manière efficace. Nariyuki n’est pourtant pas la science infuse. Vu sa situation de pauvreté, il était même prédestiné à échouer. Pourtant, à force de travail et d’abnégation, il est arrivé à un niveau très respectable. En tout cas, un niveau qui l’a fait passer de simple élève à tuteur pour jeunes filles surdouées. Espérons qu’elles arriveront à progresser, car actuellement leur cas semble un peu désespéré.

Gwenaël JACQUET.

« We Never Learn » T1 par Taishi Tsutsui
Éditions Kaze (6,79 €) – ISBN : 978-2820333216

BOKUTACHI WA BENKYOU GA DEKINAI © 2017 by Taishi Tsutsui/SHUEISHA Inc.

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