Auteur de BD : un métier en danger…

Ayant eu le privilège de négocier avec les auteurs de BD des centaines de contrats pendant près de quarante ans, j’ai assisté à la juste reconnaissance de la profession au cours des années 1970 et 1980, puis au lent mais régulier grignotage, débuté avec les années 1990, des avantages durement acquis. Un papier alarmiste de Jean-Luc Coudray (« L’Ours Barnabé ») dans le numéro 309 du Psikopat (spécial vacances, 100 pages, 8 €, en kiosques) laisse à penser que cette descente aux enfers n’est pas terminée.

Esclaves des éditeurs d’après-guerre, les auteurs de bandes dessinées se sont regroupés  à la Libération, sans grand succès, en publiant leurs pages avec la mention « dessin français ». C’est à la fin des années 1960, au sein des deux principaux syndicats animés par deux courageux dessinateurs, Roland Garel et Pierre Le Goff que les démarches ont enfin avancé. Maigrement payés à la page sans la moindre couverture sociale, vacances et autres acquis sociaux accordés aux salariés, ils ont fini par se voir proposer des conditions décentes, proches de celles accordées aux journalistes (carte de presse incluse) : les auteurs travaillant pour les nombreux journaux de l’époque ont en effet obtenu sur les gains de leur prix de pages la sécurité sociale, les congés payés et même un treizième mois pour certains. Des droits d’auteurs sur les ouvrages étaient ensuite réglés dès le premier album vendu (ce qui représenterait aujourd’hui environ 1 € par album). À l’époque, un album se vendait au moins à 8 000/10 000 exemplaires) alors qu’aujourd’hui la moyenne des ventes est bien au-dessous des 5 000 exemplaires. Une déduction de 15 % était déductible des impôts, justifiée par les frais inhérents à la profession (local personnel, matériel, déplacements pour recherche de documentation…).

TOUT… je dis bien, TOUT, ces avantages n’existent plus ! L’Agessa, qui assure la protection sociale des auteurs est de plus en plus restrictive, plus de congés payés, les avances consenties par les éditeurs sont remboursées par la vente des albums, ce qui fait que la plupart des auteurs ne touchent jamais le moindre droit d’auteur, les avantages fiscaux ont disparu… Pire : le prix à la page est de plus en plus remplacé par une somme forfaitaire, au montant qui parait rondelet mais après calcul apparait bien en dessous du total du prix à la page.

Jean-Luc Coudray

Frappé de plein fouet par l’augmentation de la CSG non compensée, contrairement aux professions salariés, les auteurs sont considérés comme les retraités. Et voilà que l’Agessa, elle aussi victime des réductions de personnel, remet en cause les dernières miettes accordées aux auteurs. Plus que les éditeurs, qui eux aussi subissent la lente diminution des vente (bien que certains d’entre eux soient responsables de l’inflation d’albums qui tue le marché), c’est l’État qui, malgré les nombreuses alertes de la profession, continue à faire la sourde oreille. Comme le dit Jean-Luc Coudray, lors des États généraux du livre, les chaises ministérielles sont restées vides. Et la rumeur d’un abandon du prix unique du livre, loi votée à l’initiative de Jack Lang en 1981, bruisse dans les couloirs des ministères. Les auteurs étant des artistes, ne serait-il pas juste qu’ils bénéficient du statut des intermittents, ce qui réglerait bien des problèmes ?

Amis de BDzoom.com vous qui vibrez à la lecture des œuvres de nos amis auteurs, non seulement vous devez être informés, mais vous êtes en première ligne pour défendre la pérennité de votre passion.

Henri FILIPPINI

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83 réponses à Auteur de BD : un métier en danger…

  1. Crissant Clavier dit :

    Le laïus du talentueux Jean-Luc Coudray est désolant tant il fait à la lettre près le jeu de ce, et ceux, qui le conduisent lui et ses confrères à la soupe populaire. Parmi ces « ceux » il y en a qui vivent très confortablement de la situation tout en étant pas les derniers â jouer les indignés solidaires.

    La superproduction a vraiment le dos large.

  2. JC LEBOURDAIS dit :

    Une fois encore, une profession compte sur l’assistanat pour subsister, comme les intermittents du spectacle qui coûtent des milliards au contribuable chaque année.
    Lorsque une activité ne procure pas suffisamment de revenu pour vivre, ce n’est pas un métier, c’est un loisir, un hobby, par définition.

    • Fab dit :

      Dans ce cas, la majorité des auteurs de bd cultive un loisir. La vie doit être belle pour eux. Il faudrait laisser cette activité aux professionnels, à ceux qui gagnent leur vie, à ceux qui font les meilleurs albums, ça ferait de la place sur les rayons et comme ça le lecteur aurait moins de difficulté à choisir.
      Je suis en mode ironie, bien sûr.

      • JC LEBOURDAIS dit :

        Il faut juste qu’ils se trouvent un vrai métier at arrêtent de se bercer d’illusion, et de se plaindre. Cela dit c’est un sport national donc je ne m’attends pas à ce que ça change demain.

        • Fab dit :

          Je suis auteur de bd , un clampin qui vit aux crochets de sa femme. C’est à cause d’ elle que mes daubes encombrent- si peu hélas- les rayons des libraires. Excusez-la.

    • milo dit :

       » Une fois encore, une profession compte sur l’assistanat pour subsister, comme les intermittents du spectacle qui coûtent des milliards au contribuable chaque année. »

      Les intermittents coûtent 1 milliards par an au max. – est-ce que cet argent est utile aux Français ? oui : il crée de la dynamique économique locale : sans intermittence beaucoup moins de festivals, fin du cinéma français, beaucoup moins d’événements : spectacles, concerts… et donc moins de rentrées pour les localités, et les commerces, entreprises et associations locales… et il permet aux gens d’avoir accès à la culture à bas prix ou même parfois gratuitement et il promeut la culture française et permet à des gens actifs et motivés par leur travail de survivre dans un contexte de chômage de masse.

       » Lorsque une activité ne procure pas suffisamment de revenu pour vivre, ce n’est pas un métier, c’est un loisir, un hobby, par définition. »

      Les thaïlandais qui travaillent pour nike pour confectionner les maillots 2 étoiles vont adorés c’est vrai qu’avec 180 dollars de salaire par mois, ce n’est pas un métier, c’est un loisir, un hobby, par définition.

      • PATYDOC dit :

        MiloMélanchon, laisse ton discours de syndicaliste de bazar au vestiaire! S’il y a surproduction, il faut que certains sortent de ce marché, et un nouvel équilibre de l’offre et de la demande se créera . Par ailleurs, rappelons que le secteur de l’édition est super privilégié, grâce au prix fixe du livre : donc, pas de concurrence, on se retrouve dans un marché de super-protégés (genre secteur para – public) ; aussi les éditeurs ne veulent pas et ne savent pas se battre, notamment à l’export : les éditeurs français sont nuls à l’export. Enfin, on peut se poser des questions sur la qualité de la production, non pas du côté des dessinateurs, qui sont souvent fantastiques, mais du côté des scénaristes, mais chut! On ne doit pas les critiquer ic …

        • milo dit :

          En 1 : Henri Filippini parle dans un premier temps  » des deux principaux syndicats animés par deux courageux dessinateurs, Roland Garel et Pierre Le Goff « qui ont obtenus des droits pour les auteurs qui ont été défaits par les éditeurs.(Apprendre à lire)
          En 2 Si défendre les gens pour qu’ils aient des revenus et des conditions de travail convenable c’est être un syndicaliste de bazar ben tant mieux,
          A l’époque j’aurai soutenu la démarche de Roland Garel et Pierre Le Goff.(Apprendre à devenir altruiste)
          En 3 rester dans le sujet de l’article ici c’est les droits et non la surproduction ou comment fonctionne une maison d’édition

          • PATYDOC dit :

            En effet, ma réaction était un peu trop compressée, mais c’est la loi du genre ici ; donc je précise : si les auteurs ne gagnent pas suffisamment, c’est parce que le secteur de l’édition et celui de la BD en particulier se porte moyennement bien . Plutôt que d’incriminer l’Etat ou le système social à la française (déjà gonflé à l’hélium) mieux vaudrait prendre son destin en main : créer un secteur de l’édition dynamique, exportatrice, et y participer, au lieu de se plaindre!

  3. Pépé malin dit :

    Quand je lis les commentaires de m. Lebourdais, la phrase d’Audiard sur « les c… qui osent tout, et c’est à çà qu’on les reconnaît » me revient en mémoire… Je ne savais pas que l’on pouvait aimer la bande dessinée et être ringard à ce point! Soyons cons (préhensifs), il faut de tout pour faire un monde :-) )

    • JC LEBOURDAIS dit :

      Comme se planquer sous un pseudo pour insulter les gens ?
      C’est justement parce que j’aime la BD, depuis bientôt 40 ans, que je sais reconnaître que 80% de la production française actuelle est de la daube et que ces « créateurs » feraient mieux de consacrer leur temps à des choses plus utiles. Je préfère que mes impôts servent à aider les pauvres qu’à entretenir les illusions d’une bande de bobos gauchisants qui visiblement crachent sur la main qui les nourrit.

      • milo dit :

        C’est à croire que vous tendez le baton pour vous faire battre. Fan de Guido Crepax ???

      • de metter dit :

        Je me nomme christian de metter et suis un auteur de bandes dessinées à plein temps (15 à 18 par jour week end compris) depuis 20 ans. Mais peut-être fais-je partie de ceux que vous souhaiteriez voir disparaitre…
        Vous me traitez d’assisté depuis plusieurs commentaires et j’ai beau vérifier mes comptes, je ne vois aucune entrée d’argent venant de l’état. Entre deux projets, je suis au « chômage » mais je ne touche pas d’argent puisque je n’ai pas droit à ce fameux chômage. En cas d’arrêt maladie (tendinites trèèès fréquentes) je ne touche pas non plus quoi que ce soit et pourtant je cotise. Je vais être honnête, j’ai touché il y a 10 ans 500€ suite à un infarctus m’ayant mis deux mois hors course.
        Les auteurs se « plaignent » comme vous dites si gentiment, de voir leurs revenus baisser d’année en année. La quantité de travail augmente (nombre de pages) mais le forfait stagne ou baisse mais est toujours inférieur à un équivalent prix planche que nous avions il y a dix ans environ. Accepteriez-vous de faire le même travail (voire plus) et d’être payé deux fois moins ?
        Pour finir, auriez-vous la gentillesse de cesser de nous traiter, mes camarades et moi-même d’assistés car je le rappelle l’état ne nous aide en rien et accumule plutôt des décisions qui fragilisent encore plus nos conditions de vie et de travail.
        Merci ;)

        • PATYDOC dit :

          Je fais partie de vos lecteurs . Je ne vous ai découvert qu’avec Shutter Island dans la belle collection rivages noir (qui a été arrêtée sine die par Casterman – encore un bel exemple du mépris des éditeurs envers leur lectorat), mais je me suis rattrapé depuis, et vous lis régulièrement. Qui parle de vous faire disparaître? En revanche, un auteur/artiste n’est pas un salarié. Il y a des avantages et des inconvénients dans chaque statut, chaque profession. Tout le monde sait que le milieu des médias use et abuse du statut inique des « intermittents du spectacle » qui constitue un scandaleux gâchis financé par les salariés du secteur privé.

          • caramel dit :

            patydoc a part dire vos conneries néolibérales vous faites quoi dans la vie? vu votre empreinte numérique (bdzoom, actubd, amazon (les libraires vous remercient) pas grand chose apparemment et le cirage de pompe parfait ! jamais vu autant de mauvaise foi si concentré hallucinant

          • Fab dit :

            Pour enfoncer le clou pointé par Christian de Metter, je ne connais pas d’auteur bd ayant le statut d’intermittent du spectacle mais peut-être y en a-t-il?. J’ai été malade pendant près de deux ans, je ne pouvais travailler qu’à un rythme réduit ( une à deux pages par mois) et n’ai reçu aucune aide de la collectivité si ce n’est la prise en charge des soins pour laquelle j’ai cotisé pendant plus de vingt ans. Le »milieu des médias » dont vous parlez concerne-t-il les auteurs bd?
            Bon, j’arrête ici la pleurniche, il y a des situations bien plus difficile que la mienne et je fais un métier formidable. Enfin, quand je dis métier j’abuse un peu si l’on juge le caractère professionnel d’une activité à l’aune de ce qu’elle rapporte.

        • Michel Dartay dit :

          Bonsoir, Christian De Metter.
          Merci pour votre témoignage émouvant. Vos albums sont travaillés et de qualité, édités par de grandes maisons, comme Casterman et Soleil. Vous devez bien avoir plus de quinze ans de carrière derrière vous, et vous avez même récolté des Prix et Trophées. On pourrait donc penser que vous êtes plutôt bien loti, il est triste de voir qu’il n’en est rien.
          L’abondance des titres fait que l’album moyen se vend à près de trois mille exemplaires. Beaucoup d’auteurs agrémentent leurs revenus par la vente d’originaux, en direct ou par l’intermédiaire de galeries. Je ne vois aucune autre solution, maheureusement et pour l’instant.

          • JC LEBOURDAIS dit :

            C’est un témoignage effectivement émouvant.
            Laissons de côté l’aspect assistanat si vous voulez (le livre étant seulement un des nombreux secteurs qui se goberge de fonds publics en France, et sans doute pas le pire), puisque apparemment ça ne va pas dans votre poche mais plus probablement dans celle de votre éditeur.
            La conclusion de votre histoire est évidente : Si on doit travailler autant d’heures pour un revenu si maigre, on pourrait dire que c’est de l’esclavage. Mais comme semble-t-il vous le faites volontairement… C’est totalement incompréhensible, à moins d’être masochiste. Je ne connais personne qui soit sain d’esprit qui minerait sa santé de cette façon au lieu de changer de métier et d’opter pour quelque chose avec de meilleurs débouchés, et une couverture santé correcte.

          • de metter dit :

            Monsieur Lebourdais, soyez gentil et surtout correct en évitant les insultes. Ne mettez donc pas la santé de mon esprit en doute ou n’évoquez plus mon éventuel masochisme.
            Si j’ai décidé de faire trois bandes dessinées par an et donc de bien mieux gagner ma vie cela me regarde. Je parle dans ma précédente intervention des conditions de travail des auteurs de bd en général qui se dégradent. Oui, je ne pense pas uniquement à moi… Personnellement j’ai appris ces derniers temps à négocier et à entrer en conflit s’il le faut. Mais, je peux me le permettre, pour l’instant.

            Maintenant je quitte de ce pas ce site, ce fut visiblement une erreur de vouloir dialoguer. Notre époque n’est plus à l’écoute et l’échange mais à l’insulte, l’agression, le jugement, etc.

  4. milo dit :

    Sérieusement tant qu’ il n’y aura pas de nouveau ministre de la culture puisque Françoise Nyssen est en conflit d’intérêts avec le dossier du livre, la situation ne peut pas évoluée pour les auteurs.
    On peut aussi se faire une idée en regardant le documentaire « Sous les bulles – L’Autre visage du monde de la bande dessinée » pour voir également la position des éditeurs par rapport à leurs auteurs qui ont une responsabilité dans la situation actuelle

    • PATYDOC dit :

      Le gouvernement a prudemment retiré le secteur de l’édition à votre Françoise… Et on le comprend… Quand on sait comment ce secteur fonctionne à coups de subventions et de copinage …

      • milo dit :

        Apparemment vous savez des choses sur le secteur que l’on ignore pouvez vous nous éclairer ?

        • PATYDOC dit :

          un tout petit exemple- hors BD (ne tirons pas sur l’ambulance) : l’achat imposé par certains lycées du livre plagiat du fils Tesson complaisamment publié aux éditions France Inter…

          • milo dit :

             » certain lycées  » des noms peut etre ? c’est même pas « un tout petit exemple » c’est bien ce que je pensais vous connaissez que dalle mais vous la ramenez . un conseil : n’envoyez pas votre CV aux maisons d’édition ils vont tellement rigoler qu’ils en parlerons pendant dix ans

          • milo dit :

             » certain lycées  » achat imposé  » des noms peut etre ? c’est même pas « un tout petit exemple » c’est n’importe quoi pourquoi pas la production de carotte
            c’est bien ce que je pensais vous connaissez que dalle mais vous la ramenez . un conseil : n’envoyez pas votre CV aux maisons d’édition ils vont tellement rigoler qu’ils en parlerons pendant dix ans
            fin de transmission

        • PATYDOC dit :

          Mon CV à des maisons d’éditions ? Pourquoi ?… En tout cas , si vous travaillez dans une maison d’édition, ça doit être chez Media Participations, compte tenu de votre belle pratique de la langue française …

          • milo dit :

            les éditions Dupuis, le Lombard, Dargaud, Kana, Urban Comics et les autres (contenu du groupe média participation ) apprécient vos arguments ainsi que tous leurs auteurs.Et sinon les chifres des subventions accordées et le noms des lycées????

          • PATYDOC dit :

            Bon, un exemple, actuel, dans la BD : France Inter qui fait de la pub chaque semaine pour le dernier Pedrosa (publié chez … Média Participations). N’y a -t-il pas un mélange des genres ici? France Inter étant censé faire partie du service public?

  5. Henri Khanan dit :

    Un peu trop de violence verbale et d’insultes sur ce sujet grâve….

  6. Henri Khanan dit :

    Patydoc, Crissant Clavier et Lebourdais semblent quelque peu largués, mal en phase avec l’actualité. Sans doute un peu réactionnaires ou passéistes, sans doute des élèves ou admirateurs de l’Oncle François Pincemi?

    • PATYDOC dit :

      Non au fonctionnariat pour les auteurs de BD ! Non au régime d’intermittents du spectacle pour les créateurs en manque d’idées (et non au régime des intermittents tout court !)! Etre contre le système de l’assistanat, c’est réac? vraiment? … Je ne crois pas que l’avenir aille dans votre sens…

      • milo dit :

         » Etre contre le système de l’assistanat, c’est réac? vraiment?  »
        nannn c’est juste être un ramolli, un has been, un bougre de flaccus, une plaie, un vieux saucisson, un sénile,sophiste et conissimo

        • PATYDOC dit :

          Richard Cœur de C… je t’ai reconnu!

          • milo dit :

            C’est un peu court, vous auriez pu dire : va te faire rempailler, vieux fossile, espèce de lavette, merle blanc, pipi des près, cacatoès, butor,sansonnet, chat huant ,serin,ouistiti …

          • marazano dit :

            Cher Milo, Monsieur Patydoc qui se croit plus malin que tout le monde a peut-être pensé que vous étiez un certain Richard M. qu’il se permet ici d’appeler Richard Coeur de C. On imagine ce qu’il suggère par C. associant donc l’insulte aux préjugés qu’il trimballe régulièrement sur ce forum et dont il fait un bel étalage sur ce fil. de Son prêt à pensé et de ses borborygmes idéologiques concernant les conditions de vie des auteurs suffisent assez à le qualifier pour qu’on ait besoin de lui trouver d’autres qualificatifs …

    • Crissant Clavier dit :

      Monsieur Henri Khanan serait gentil de ne pas me mêler à ces propos pleins de compassions destinés à séparer le bon grain de l’ivraie.Mon propos n’est pas du tout celui-là.

      • PATYDOC dit :

        De même pour moi… Sur le sujet « Présent », il fait montre d’une tolérance envers ce journal bien plus grande que moi, et ici, quand il s’agit de confondre le corporatisme dans les métiers de la BD, il me traite de réac !

      • Crissant Clavier dit :

        D’une manière générale,le monde de la BD (s’é)croule sous l’effet de la stigmatisation et du mépris des faibles,entre autres avec des propos actuellement en vogue tels que repris par Jean-Luc Coudray ;et on peut voir certaines réactions face aux problèmes des auteurs comme une réponse du berger à la bergère.Triste tout ça..

        Il n’empêche la BD garde un pouvoir de séduction intact et est exposée comme jamais.Il est largement temps de profiter de cet élan pour se retrousser les manches,innover,loin des vieux schémas usés et contreproductifs qui ne profitent qu’à certains.

        Il y a mille choses à faire,des millions de ventes potentielles à glaner auprès d’un public que stupidement on toise et qui ne se gêne pas pour rendre la pareille.La situation globale des auteurs s’améliorera en même temps si la BD sort de ses carcans.

  7. milo dit :

    Pour plus d’informations : voici le lien du snac https://www.snacbd.fr/documents/
    où on y trouve le contrat commenté du SNAC BD Un mode d’emploi du contrat d’édition pour les auteurs de bandes dessinées. Très révélateur des rapports entre auteur et éditeur, ainsi que le suivi des négociations sur le sujet évoqué par Jean-Luc Coudray qui est la couverture santé et retraite ce qui n’est pas rien bien qu’en dises certains sur ce site.
    Visionner Le documentaire « Sous les bulles – L’Autre visage du monde de la bande dessinée »
    Discuter avec les auteurs pendant les festivals BD est également important

    Puisque le sujet des maisons d’éditions a été évoqué, les directions et stratégies économiques prises par les grands groupes ne se préoccupent pas des auteurs n’ayant pas leur place dans ce genre de négociation.
    Il est important de noter le chemin qui vient d’être amorcé par ces groupes notamment avec le numérique ce qui est normal avec les nouvelles pratiques actuelles téléphone ,tablette :
    http://www.actuabd.com/Le-premier-webtoon-de-Dupuis-surfe-sur-le-succes-du-foot-22924
    http://www.actuabd.com/Philippe-1er-le-Roi-des-Belges-en-visite-chez-Dupuis http://www.actuabd.com/Florence-Mixhel-Julien-Papelier-Le-Roi-est-interesse-par-les-nouveaux-heros-et pour les webtoons
    Il y a également izneo la meilleure plate forme pour la bd numérique avec en ce moment des promotions à 1.99 euros (on se demande ce que vont toucher les auteurs.)
    Au japon les chiffres explosent :
    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/le-manga-numerique-depasse-les-revenus-de-l-imprime-au-japon/87

    Une belle initiative papier/numérique avec le retour du journal Pif : https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/avec-vous-pif-se-relance-a-la-fin-de-l-ete

    Sans parler de la vente du livre par internet via des grandes plates formes les chiffres en bourse de amazon parlent d’eux mêmes ( sueurs froides chez les libraires).

    On ne pourra que constater le vrai défi que rencontrent les auteurs actuelles face à leurs employeurs si en plus leurs droits de bases comme la santé est menacé, plus grand sera celui-ci.

    • JC LEBOURDAIS dit :

      Rien n’oblige les auteurs à signer ce genre de contrat s’il ne leur convient pas. Il suffit de se syndiquer ou se regrouper en société ou en coopérative et à génere leurs propres publications. Et arrêter de geindre.

      • milo dit :

        c’est bien vous confirmez le dicton : le ridicule ne tue pas

      • Zot! dit :

        Pas si évident que cela, l’auto-édition. Vous voulez la liste de ceux qui y ont laissé des plumes? Dionnet, Moebius, Druillet (Métal hurlant, racheté par son imprimeur), Loro et Loisel (Tousse-bourrin, 4 numéros), Mormoil (sept!).
        Pour le circuit Livres (moins couteux que celui de la presse, en diffusion), des ventes de 3000 exemplaires sont considérées comme supérieures à la moyenne.
        Alors, allez vivre avec cela! Il vaut mieux publier sur un blog, gratuit, cela permet d’offrir son oeuvre à son public, sans enrichir diffuseur et libraires.

        • PATYDOC dit :

          Il y a un problème de fond: l’offre excède la demande. Le prix devrait baisser pour rétablir l’équilibre, mais le prix du livre est fixe ; donc le nombre de lecteurs diminue. Désolé pour ce petit rappel d’ultra libéralisme (comme on dit sur France Inter) qui fait mal aux oreilles des donneurs de leçons sociales du microcosme BD comme Milo.

    • PATYDOC dit :

      Petite confusion sur Amazon : tu sous-entends qu’Amazon fait des profits et que c’est pour ça qu’elle est très valorisée en bourse ; en fait seul le dernier trimestre a été vraiment rentable pour Amazon. ce qu’on pourrait reprocher à Amazon, c’est le contraire : en ne faisant pas payer le transport (et donc en perdant de l’argent par rapport aux libraires traditionnels) , Amazon a pratiqué une sorte de dumping (d’où des pertes colossales cumulées) – depuis 20 ans. Ta vison crypto-marxiste sur le partage du « profit » t’égare, ici comme ailleurs…

      • milo dit :

        « d’où des pertes colossales cumulées »
        hahhahahhahhahhhahhahhahhahha trop drôle heu des chiffres peut être ???
        Cela doit être à cause de France inter via média participation qui oblige des lycées à acheter des livres?
        N’en rajoute plus on à bien bien compris ta position libérale de droite voir un petit peu plus sur la droite (crypto-marxiste,des donneurs de leçons sociales du microcosme BD,Non au fonctionnariat pour les auteurs de BD, syndicaliste de bazar,non au régime des intermittents tout court) .
        Les auteurs n’on plus de retraite, plus de couverture santé Padydoc s’en moque du moment que son petit confort ne soit perturbé
        juste pour info https://www.snacbd.fr/2018/07/03/point-info-reformes-ce-que-lon-sait-ce-que-lon-ne-sait-pas/

        • PATYDOC dit :

          Des chiffres ? sur Amazon ? Il te suffit de regarder sur n’importe quel site boursier
          Milo, tu es un corporatiste qui défend ton petit pré carré… Pour mémoire, le libéralisme est à l’origine une théorie de gauche (quand la gauche était de gauche et défendait la liberté, et non les corporatismes).

  8. Crissant Clavier dit :

    Quand on supposait devant Roland Garel,le syndicaliste cité dans l’article,que ce sont les onéreux acquis sociaux glanés de haute lutte qui avaient fini par couler les journaux,avec des artistes passés du statut précaire d’indépendants à celui plus confortable de salariés (sécurité sociale, congés payé, treizième mois ect….) il rétorquait que,non, c’était plutôt la politique actuelle des albums qui était en cause.Une politique moins encombrante pour les éditeurs.

  9. Richard Pickman dit :

    Je pense – à mon humble niveau – que moi aussi je suis responsable de cette descente aux enfers. En tant que client cette fois. Je ne prendrai pas part au débat ci dessus, affaire de spécialistes, je ne suis qu’un lecteur. Hors aujourd’hui mon budget BD est de 30% de ce qu’il était au début des années 2000. Et je pense que je serai à 25% à la fin de l’année. Ces 75% perdus pour la BD sont partis dans les livres traditionnels ou dans d’autres hobbies. Pourquoi ? Marre d’avoir des séries qui commencent bien et s’étirent, se diluent, se délitent ou ont une conclusion foireuse Donc j’attends le tome 1, puis 2, puis x puis voyant la piteuse conclusion je passe mon chemin. Marre de ces BD qu’un scénariste de 5 ans ou qu’un dessinateur du même age pourraient produire. Marre des scénarios interchangeables (le cinéma bis italien a lui aussi sombré en son temps après de véritables pépites). Marre de ce manque de surprise, de ce calibrage/formattage (on n’est pas dans les tomates d’un supermarché) ou de ce matraquage marketing à outrance de la dernière daube d’un auteur soit-disant connu (je ne vise personne en particulier, j’abhorre la publicité et son matraquage, c’est tout). Marre des éditeurs qui ne vous sortent pas le tome 2 parce que soit-disant mal vendu, etc. Ce raz-le-bol fait qu’aujourd’hui je réfléchi à plus de deux fois avant d’acheter et au moindre doute, la BD ne rejoindra pas mes étagères. C’est la tendance actuelle – pas seulement en BD – de surproduire, de dériver à outrance et de préférer quantité à qualité, quitte à tuer la la poule aux oeufs d’or. Continuons…

    • JC LEBOURDAIS dit :

      Exactement. Il y a un sérieux écrémage à faire dans la production.

      • PATYDOC dit :

        Oui – Mais c’est surtout du côté des scénaristes que ça pêche. Les dessinateurs sont dans l’ensemble excellents, de grands artistes qui font preuve d’abnégation, de courage , et surtout d’honnêteté intellectuelle.

        Alors que les scénaristes font souvent preuve de je-m’en-foutisme. Manque de travail dans l’élaboration du scénario, scénario à rallonge, dialogues catastrophiques, et toujours ce côté bobo bien pensant qui peut finir par lasser le lecteur. Avec un je ne sais quoi de violence et d’arrogance chez certains polygraphes des grandes maisons comme … Media Participations! N’est-ce-pas Milo?

        • Marcel dit :

          « et toujours ce côté bobo bien pensant qui peut finir par lasser le lecteur. »
          C’est bien beau de balancer des généralités, mais je ne sais même pas de qui/quoi vous parlez. Des noms, peut-être, pour savoir exactement ce que vous considérez comme « bobo bien pensant ». D’ailleurs, c’est quoi le contraire de « bobo bien pensant » ?… « Réac raciste et phallocrate » (moi aussi je peux accoler des mots dans le vent) ?…
          Parce qu’à part sortir des formules à l’emporte-pièce pleins de bile…

        • milo dit :

          Cher patidoc, vous pouvez aussi prendre n’importe quel album de BD. Mettre du blanco sur les bulles puis les remplir avec vos dialogues. Un album en noir et blanc c’est mieux parce après on peut colorier.
          Je vous encourage aussi à aller dans les salons bd pour dire de visu aux scénaristes leur  » preuve de je-m’en-foutisme ». Je ne suis pas sûr d’un accueil chaleureux de leurs parts ni de ceux qui se sont acharnés à dessiner l’histoire qui selon vos critères est pourri. Affûtez bien vos arguments. Vous pouvez aussi y allez avec JC à deux on a plus de courage. A Angoulême vous serez comblés, tout le monde y est ( syndicalistes, corporatistes, capitaliste…) et surtout n’oubliez pas de vous présenter.

          • PATYDOC dit :

            Si vous m’invitez je viens débattre, pas de problème . Cela dit, le « marché » (cette créature maléfique qui vous tourmente) décide pour nous tous : et nous constatons tous que le nombre de lecteurs diminue. Par ailleurs, étant un de vos lecteurs (malgré tout), un peu plus de politesse de votre part ne ferait pas de mal, n’est ce pas ?

          • marazano dit :

            On adore la politesse que Mr Patydoc réclame pour lui même et qui intervient après qu’il ait abondamment insulté les auteurs, cela sous prétexte qu’il serait « un de leur lecteur malgré tout ».
            Faut-il lui expliquer que l’achat d’un livre n’inclus pas le droit de traiter les auteurs comme on traite les femmes de ménage dans l’hôtellerie, pas plus que que le salaire d’une femme de ménage n’inclurait d’ailleurs le droit de la traiter comme son paillasson ?
            Il y a sans doute là une conception assez singulière de l’adage « le client est roi » qui semble lui tenir lieu de philosophie.

      • Marcel dit :

        Et qui décide de ce qu’on enlève ?… Vous ?… Selon VOS goûts ?…

        • Richard Pickman dit :

          @Patydoc, Marcel & Milo : sympa de transformer le simple commentaire d’un lecteur en tribune politique.
          Vous devriez relire – voire potasser – V pour Vendetta de Moore.
          Le politiquement correct est un poison. Le bien-pensant est le bigot et le liberticide du XXI°.
          Ceci dit Patydoc a raison quand il écrit, je cite « scénario à rallonge, dialogues catastrophiques ». Chez les ricains – pas une référence en matière de culture – c’est fuck à toutes les sauces. Ici on a droit à « putain ». Pas mieux. Quand après 15 bulles j’ai eu droit à 5 ou 6 « putain », je commence à douter de l’étendue du vocabulaire du scénariste. Je n’utiliserai pas de blanco (le scénariste pouvant laisser ses personnages s’exprimer – presque – librement), par contre je suis libre de m’abstenir de dépenser 15€.

  10. Crissant Clavier dit :

    Les si méprisées-on y revient toujours avec le milieu de la BD qui estime que c’est ainsi qu’il obtiendra sa vraie légitimation,dont quelque part on se fout- Edition Bamboo vont bien, très bien même d’après leur dirigeant Olivier Sulpice.

    Bamboo éditeur aux méthodes très volontaristes qui a su sortir des carcans pour rechercher des partenariats dans les réseaux parallèles(magasins de sport , fédérations sportives ect…) pour toucher des lecteurs (leur public cible potentiel,qui n’est pas forcément celui de la librairie )qui ne lisaient pas de BD .Un bel exemple donc,avec réussite et points de croissance à la clef.Félicitation à eux,vraiment.
    Surtout qu’ils font pour tout le monde (même ceux qui les méprisent) un travail de fond afin recruter de nouveaux lecteurs,qui iront peut-être vers d’autres types de lecture et à la librairie.

    J’ignore si leurs auteurs profitent comme il se doit de ce succès,mais on voit que ceux qui savent sortir des vieux schémas usés,sans discrimination sociale et culturelle,avec enthousiasme et fraîcheur tirent leur épingle du jeu.

    Le très corseté et cloisonné milieu de la BD a ici des graines à prendre pour aller mieux,plutôt que geindre sans arrêt face à un mur qu’il a lui-même stupidement édifié.

  11. Franck G dit :

    Si je suis assez d’accord sur le constat de surproduction évidente de l’édition BD en général, qui est abordée dans les commentaires précédents, est-elle si différente de celle du livre non illustré ?
    Depuis une vingtaine d’années, n’est-ce pas aussi encore plus simplement un problème de lecture auquel on a affaire ? Certes, le budget des lecteurs n’a pas augmenté, qui voit les piles d’albums, sortant à foison, se transformer en pâte à pilon plus vite qu’il ne faut pour les produire… mais le simple fait de prendre un livre et le feuilleter, concerne qui aujourd’hui ?
    Travaillant dans une médiathèque, et je le constate chaque jour, je pense qu’effectivement la lecture est devenue l’apanage que de quelques-uns, BD comprise. N’est-ce pas ce qui explique que l’on voit se développer de plus en plus de projets sur des sites participatifs, en tirages limités ? On comprend dès lors que la bande dessinée, même spécialisée, n’intéresse plus qu’une très faible part du public auparavant visé. Il ne passe pas six mois sans qu’un nouveau petit éditeur tente sa chance, afin de produire ce qu’il pense être indispensable à ses yeux, et avant tout, sans doute, se faire plaisir. Être éditeur, n’est-ce pas merveilleux ? Sauf que… on aura beau écrire des chroniques, sur des centaines de sites web, éditer des revues spécialisées, ou pas, traitant du (des) sujet(s), un livre coute cher et reste un produit de luxe. Certes pas autant qu’un smartphone à 400 euros, mais quand-même. Surtout si l’on considère que l’on n’achète pas un smartphone tous les deux mois.
    Et l’argument visant les titres Bamboo me laisse perplexe, car cela reste des albums cartonnés (ils ne sont pas donnés, à ce que je sache). Après, s’il suffisait de créer des partenariats avec les clubs de sports ou certaines sociétés pour vendre ses BD, cela serait magique. Mais Bamboo, pour moi, ressemble davantage à une maison d’édition opportuniste, vu ses collections thématiques très spécifiques, qu’à un éditeur cherchant la diversité de propos. C’est mon opinion. Les rares fois où elle a cherché à éditer d’autres rivages, (collection Grand angle par exemple), cela n’a pas fonctionné. Alors, faut-il simplement offrir ce que les gens veulent, (comme à la télévision d’ailleurs avec la télé réalité), ou avoir aussi le courage de leur proposer un peu de diversité ? Ce qui me ramène au sujet des politiques d’acquisition en médiathèque.

    Bref, vu sous cet angle, il est grand temps que le budget de la culture augmente, afin qu’au moins les médiathèques puissent continuer à proposer un maximum de titres, pour continuer à ravir un maximum de lecteurs. Car la diversité, qu’elle qu’elle soit, s’exerce surtout ici (en plus de la plupart des libraires qui font super bien leur boulot), et on en parle que très rarement.

    Pour le reste, l’achat de biens culturels continuera de rester au bon vouloir de personnes économiquement à l’aise (c’est à dire de moins en moins de monde) et culturellement curieuses (idem ?). Mais cela ne suffira pas à faire vivre tous les auteurs. Je suis d’accord donc avec le fait, qu’effectivement, le métier d’éditeur porte une très grande responsabilité aujourd’hui, et que, dans ce sens-là, ils devraient penser à refaire de l’album un objet un peu moins luxueux, et plus abordable. C’est le serpent qui se mord la queue sinon.

    La crise du métier d’auteur de bande dessinée n’est cependant, au final, qu’un écho négatif parmi toutes celles et ceux qui crèvent la dalle au quotidien, partout ailleurs, dans cette société où l’argent est roi. Désolé pour nos amis auteurs, pour lesquels je compatis néanmoins.

    • milo dit :

      « On comprend dès lors que la bande dessinée, même spécialisée, n’intéresse plus qu’une très faible part du public auparavant visé. »
      je vous invite à lire les chiffres des ventes de 2017
      https://www.idboox.com/economie-du-livre/marche-de-la-bande-dessinee-2017-chiffres-cles/

      si vous voulez que le public viennent dans votre médiathèque, il vous faut créer la demande allez dans les écoles dés la maternelle dire pourquoi un livre est nécessaire, distribuer les infos aux parents à la sortie des écoles, organiser des goûtés lecture, faire des thématiques, des expos, des animations, développer votre site (vidéo sur vos coups de cœur), si vous manquez de personnels faites un appel à bénévole etc etc.
      Dés lors, on vous accordera des crédits supplémentaires. En aucun cas je ne remets votre travail en cause je ne vous suggère que des idées qui sont mises en place dans d’autres médiathèques et bibliothèque. Bon courage pour la suite

      • Franck G dit :

        Je connais ces chiffres et ceux-ci ne disent pas que les acheteurs sont légion. Ils confirment surtout la survente d’une dizaine de titres trèèèèès connus, ultra vendeurs (parce que ultra mis en avant) et un pourcentage équivalent à des euros dépensés. Néanmoins, comme vous je suppose, je suis client de librairie, acheteur patenté, et je sais le prix (cher) d’un album cartonné. Or, lorsque je vois des clients de librairies BD spécialisées, je vois plus souvent les mêmes têtes acheter des quantités importantes d’albums, (des collectionneurs, sans souci d’argent il faut croire) ou à l’inverse, des gens acheter régulièrement mais dépenser des assez petites sommes. Cela ne rend pas la bande dessinée populaire pour autant, ou en tous cas, comme je l’entendais, du temps où les revues de séries bien connues comptaient de très nombreux abonnés. Aujourd’hui, je constate davantage des achats à 3 euros sur les bouquineries et marchés du livre, qu’une queue devant ma librairie. Il faut arrêter de dire que la BD se porte bien, en ne prenant que l’exemple des chiffres GFK. Combien de librairies (BD) ferment, au demeurant, chaque année ? Quels sont les tirages des albums moins connus, des petites maisons d’édition ? et ceux des comics ? Pas grand-chose (deux ou trois mille en général, au mieux pour un premier tirage). Souvent des éditions que l’on aurait appelées « limitées » dans les années 80. Mais c’est aujourd’hui la norme, et après, au petit bonheur si les ventes fonctionnent. Allez donc en parler aux éditions Ca et là (qui destockent) et à Urban ou Panini, qui retirent leurs revues des kiosques en ce moment même.
        Ce que je voulais surtout mettre en exergue, c’est que tout le monde n’est pas cadre et n’a pas les moyens de se payer 3 albums cartonnés entre 15 et 45 euros (intégrales) dans le mois. Dès lors, pour moi, la bande dessinée, dans son ensemble, n’est pas « populaire » au point de faire vivre tous les auteurs. C’est tout. C’est un constat.

        Après, concernant votre remarque sur mon métier, excusez-moi à l’avance de mal la prendre, mais travaillant depuis 21 ans en médiathèque, je pense savoir ce qu’est la médiation, comme mes collègues, merci. Mais lutter contre les chroniques de grandes revues, elles, populaires, qui incitent à acheter le tome 35 d’une série bien connue, cela est compliqué. Et …je n’attends pas que l’état providentiel vienne à mon aide. Mais …reconnaitre l’importance de la culture, en général, cela passe quand-même aussi par des subsides publics, ne vous déplaise. Souvent pour aider d’ailleurs des titres plus confidentiels, par le biais des manifestations que vous décrivez d’ailleurs. Une association loi 1901 et tous ses bénévoles, ça s’épuise à la longue…
        Je ne mets pas spécialement une bande dessinée devant une autre, mais à vous lire, les collections très populaires seraient la norme !? Dois-je vous rappeler que la BD a depuis déjà quelques années dépassé le stade de la lecture jeunesse et du simple divertissement ?
        Je prends en ce qui me concerne autant de plaisir à lire les éditions Monsieur Toussaint Louverture, Ca et là, Sarbacane, Bliss, Futuropolis, qu’un bon Adèle Banc Sec, un Rahan, ou un Spirou. Sauf qu’il y a certains livres que je ne trouverai pas toujours facilement et à prix attractif, même en brocante (c’est à dire l’inverse des plus anciennes et/ou les plus vendues, cqfd). Défendre la production contemporaine et alternative, ça vous parle ?

        Cordialement,

    • Crissant Clavier dit :

      Quel défaitisme,quelle sinistrose….

      Il n’y a pas de surproduction,mais différents ouvrages,pour différents publics dont un nombre assez conséquent ne va pas en librairie.C’est aux livres d’aller à la rencontre du public qu’il souhaite toucher,pas le contraire,l’idéal étant de proposer à chaque public un format et un prix qui lui corresponde  » psychologiquement ».

      Si on considère que la solution aux problèmes-qui se résumeraient à la seule supposée surproduction- consiste à réduire l’offre,quel sont les livres que l’on supprime,quel auteurs met-on sur le carreau et au nom de quoi.

      Avec la multiplication des écrans les gens n’ont jamais autant lu.
      Attention au vieux réflexe « culturellement correct » de créer des hiérarchies sur ce que serait la bonne et saine lecture,sous quelle forme,et au contraire la triviale. On attire pas les gens en les stigmatisant. On leur fait encore moins ouvrir le porte-monnaie déjà bien sollicité par d’autres secteurs de biens culturels et de loisirs,plus habiles et pas si bêtes.

      Fabriquer un livre est plus aisé que jamais et coûte de moins en moins cher,ils sont pourtant de plus en plus chers et les auteurs crient famines quand même.Curieux.

      La BD garde pleines et entières ses capacités de séduction.Les dessinateurs,les artistes fascinent:il faut aller de l’avant.

      Les articles et chroniques-pour la plupart rédigées par des rédacteurs sortis du même moule »idéologique »(souvent bénévolement,respect et remerciements au passage),prêchent seulement et le plus souvent auprès de convaincus.C’est leurs limites.

      Je vous laisse votre avis sur les Editions Bamboo ,qui font comme les autres partie de la diversité de l’offre,monsieur le bibliothécaire,pour qui la télé semble se résumer à la télé-réalité, et vous rappelle que la collection Grand Angle est loin d’être un échec. :-) )

      On peut trouver des albums Bamboo à bas prix dans des endroits où on ne trouve pas les autres éditeurs,ce qui permet au style franco-belge de rester visible et « dans le paysage »aux yeux du plus grand nombre. Bamboo fait le boulot pour tout le monde.
      Profitons-en pour mettre le doigt sur le fait que l’essor de l’album dans les années 1970 et 1980 est dû à sa diffusion dans la grande distribution ;l’essoufflement vient en partie du renoncement de ces grandes et moyennes surfaces à proposer des livres devenus trop chers et luxueux pour leur clientèle moyenne,des millions de personnes.D’ailleurs comment ne trouve-t-on pas en avalanche actuellement des présentoirs avec de la BD dans les halls de cinémas et autres complexes.Quelle hérésie commerciale et de positionnement. Toute une frange de la population ne va pas et n’ira probablement jamais en librairie,c’est son droit et il faut la séduire « au contact ».

      Pour le reste rien n’est perdu,au contraire,il faut juste penser autrement,des initiatives heureuses existent il y a possibilité de tirer son épingle du jeu.Pour tous.

      On a trop laissé ces trois dernières décennies la paroles exclusive -relayée avec gourmandise par la plupart des chroniqueurs- à un groupe de novateurs fantoches et approximatifs qui n’étaient là ,comme ailleurs,que pour prendre l’ascendant et en tirer profit. au détriment des autres.

      Joli résultat.

      • Franck G dit :

        Monsieur le bibliothécaire s’est trompé et voulais parler de la collection « Angle comics ».
        Désolé.

        Par contre, lorsque je lis :
        « Les articles et chroniques-pour la plupart rédigées par des rédacteurs sortis du même moule »idéologique » (souvent bénévolement,respect et remerciements au passage),prêchent seulement et le plus souvent auprès de convaincus.C’est leurs limites.

        Votre parenthèse ne m’empêche pas de penser que si cela vous chante de chroniquer (bénévolement) chaque nouveauté d’un album « qui vous ressemble » des pompiers, des Profs ou des Footmaniacs, grand bien vous fasse. Moi, avec mon « idéologie » (?), je ‘y trouve pas d’intérêt majeur, vu qu’il se vendra comme des petits pains, quoi qu’il en soit.
        La messe est dite. Amen. Et bien cordialement,

        • milo dit :

          Franck voici deux liens :
          https://www.idboox.com/infos-ebooks/lire-des-bd-numeriques-et-les-preter-a-ses-amis/
          https://lcp.epagine.fr/
          on peut constater le choix et le prix concurrentiel par rapport à la version papier

          Vous pouvez déjà imaginer la médiathèque de demain (clés de désactivation en fin de prêt, vous pouvez prêter le document autant de fois sur une même période sans attendre le retour de celui-ci, problème de stockage et de présentation résolu, entretien des locaux inexistants, plus de contrainte d’horaire, accès à des ouvrages rares, vidéo conférence etc etc)https://archive.org/

          On aurait apprécié que vous nous disiez si lors d’un prêt d’une BD en médiathèque l’auteur est rémunéré ou pas, plus que du problème du prix du livre fixé par les éditeurs et de savoir qui peut l’acheter (bien que ce soit une question de fond)
          Bon courage pour la suite

          • franck dit :

            Concernant le prêt en médiathèque, je pense que vous n’avez pas besoin de moi pour savoir que le prix du livre est le même pour tout le monde et que la part de rémunération de l’auteur est la même que lors d’un achat par un particulier. Vous ne me ferez pas l’affront non plus d’ignorer combien les auteurs dans leur grande majorité sont favorables aux médiathèques, que ce soit pour ce qu’elles leur ont apporté vis à vis de leur orientation de métier, étant enfant. Et combien celles-ci participent à la connaissance de leurs oeuvres, et dès lors, souvent en ricochet à l’achat ensuite par les usagers. Ce n’était pas le propos.
            Quant au numérique, si celui-ci est sensé démocratiser (sans compter la fracture numérique qui existe encore dans une large mesure), combien croyez-vous que les auteurs gagnent sur une location de ebook ? C’est justement un sujet de revendication.
            Je baigne dans le milieu du livre et du multimédia, et suis entouré d’amis auteurs de BD. Je suis donc à la fois bien au courant des « évolutions » possibles, et très sensible à leur revendications. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
            Bon courage à vous pour la suite aussi !

  12. marazano dit :

    Comme le disait un mien camarade auteur, on assiste sur ce fil à un magnifique lâché de prix Nobel d’économie qui semblent particulièrement experts en cette matière pourtant pourtant obscure des conditions de vie des auteurs de bande dessinée. heureusement que les auteurs savent qu’ils n’écrivent pas que pour des goujats méprisants leur métier et leur peine quotidienne.

    • Thark B. dit :

      C’est exactement ce que je me suis dit, dès les tout premiers commentaires qui sont apparus ici. Comment est-ce possible que certains « passionnés » (!) de Bande Dessinée puissent cracher un tel venin, afficher une certaine forme de mépris (parfois alimenté par une avalanche de préjugés plus ou moins « socio-politiques » qui n’ont rien de constructifs) ?
      Si l’on prétend connaître et aimer VRAIMENT cet Art, ce mode d’expression si riche, si exigeant, créé puis diffusé par des gens qui, pour la plupart, y consacrent leur temps voire leur vie, comment peut-on faire preuve d’aussi peu de bienveillance, exprimer aussi peu d’encouragements pour les auteurs ?!
      Heureusement que quelques voix plus solidaires s’élèvent au milieu de ce concert de négativité arrogante – parmi lesquelles, ouf, certains auteurs légitimement indignés et qui, eux, savent réellement de quoi il est question au quotidien, sans aucune démagogie ni aucune leçon à donner…

      J’espère au moins que les plus virulents des « détracteurs d’auteurs » ont pris la peine de suivre les liens indiqués par Milo (notamment) et de s’informer en détail sur l’évolution de la situation des auteurs, et la dégradation rapide et inadmissible de nombre d’avancées professionnelles, pour lesquelles des « Grands Anciens » du métier se sont pourtant tellement battus…

      • JC LEBOURDAIS dit :

        La remarque de Franck est très juste, il y a un vrai problème du livre en général à notre époque, partout en occident. Faute que nos jeunes aient appris à lire correctement et à aimer l’écrit, dont la BD fait partie; soit le livre disparaîtra soit il deviendra un produit de luxe pour élite. Pendant que les gosses auront le cerveau bouffé par internet et leurs smartphones, dans l’indifférence générale de leurs parents. C’est la marche du monde.
        Il ne suffit pas de dire « il est grand temps que le budget de la culture augmente « . Où prend-on l’argent ? Qui décide ? Qui impose ces choix ?
        Ce n’est pas être « détracteurs d’auteurs » que de faire preuve de bon sens. Jamais je ne passerais 18 heures par jour à faire quelque chose qui ne me nourrit pas. Ce n’est tout simplement pas viable. Quelque soit le degré de « passion » qu’on y porte. Si je viens sur ce site, c’est parce que j’aime les livres, mais ça ne me rend pas complètement naïf pour autant.
        Je trouve simplement absurdes tous ces articles qui se lamentent du fait que auteur de BD soit un métier en danger. Personne ne les force à continuer. Pourquoi tant d’écrivais sont-ils profs ou d’autres types de fonctionnaires à votre avis? Les Poles Emploi sont pleins d’offres de métiers intéressants avec des salaires corrects qui peinent à trouver preneur. Qu’ils fassent autre chose. C’est pourtant pas compliqué.

        • Bob dit :

          « Les Poles Emploi sont pleins d’offres de métiers intéressants avec des salaires corrects qui peinent à trouver preneur. »

          Soit vous plaisantez, soit vous n’y avez jamais mis les pieds.

          • marazano dit :

            « Je trouve simplement absurdes tous ces articles qui se lamentent du fait que auteur de BD soit un métier en danger. Personne ne les force à continuer. »
            On sent l’amour de l’art, le respect de l’artist, c’est d’une élégance… Peut-être que cela se prétend pragmatique aussi…
            On appréciera également l’empathie du lecteur qui semble à peine mieux considérer l’album de bande dessinée que le sachet de soupe Knorr ou les ravoli Buitoni…
            Au boulot les feignasses ! Pourquoi vous lamentez de votre vie minable d’auteur de bande dessinée quand vous pourriez faire la plonge dans la restauration où on manque de bras.

          • JC LEBOURDAIS dit :

            Vous voulez les chiffres sur les emplois non pourvus en France chaque année ? Apparemment on est les champions, là aussi, dû à l’inanité de notre système éducatif et à l’immobilisme ambiant (la preuve, cette discussion). J’ai beau être de gauche, visiblement j’arrive encore à me faire traiter de réactionnaire, c’est assez comique. Il y a dans ce monde deux façons de promouvoir le progrès social, soit en mettant tout le monde à la soupe populaire, soit en encourageant ceux qui veulent vraiment se bouger. Tant qu’il en reste.
            Visiblement c’est impossible d’avoir une discussion intelligente et argumentée par ici sans rencontrer autre chose que le dénigrement et le dogmatisme idéologique; c’est dommage.

          • Laurent Turpin dit :

            Merci d’avoir exprimé vos positions, vous comme d’autres. Je vous rappelle que nous sommes un site consacré à la BD et je vous prie de ne pas déborder de ce cadre. Laurent Turpin

  13. Crissant Clavier dit :

    Plus utile que la larme à l’oeil il y a des initiatives heureuses,des partenariats à construire,des opportunités à saisir,loin des idéologies,stigmatisations,cloisonnements et coups de bambou.

    Bref s’appliquer à vivre avec son époque.

    https://www.actualitte.com/article/evenement/mcdonald-s-au-salon-du-livre-de-montreuil-engage-dans-la-litterature-jeunesse/85978

    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/mcdonald-s-offre-des-hamburgers-et-des-mangas-gratuits/90626

    • milo dit :

      « loin des idéologies,stigmatisations,cloisonnements »
      Mouais… quand on connait le puritanisme des grandes firmes américaine on pourra émettre un doute sur les contenus proposés. A quand super size me en bd chez Mc do.
      Assez curieux que le cnl soutienne le projet encore une bonne entourloupe de ce gros groupe qui réduit sont budget communication avec des fonds publics.
      « -Votre enfant lit ?
      - oh oui il est très cultivé mais il fait cent dix kilos.
      « Bref s’appliquer à vivre avec son époque »

      • Crissant Clavier dit :

        Les gens sont responsables, personne n’est obligé de s’empiffrer à répétition chez Mac do.Pas d’infantilisation.

        Le CNL est pragmatique.

        Mac Donald se sert de la lecture pour polisser son image?Que la lecture se serve de Mac do et son immense force de frappe, plus utile et efficace que les éternels coups de bâton dans l ‘eau.Voilà qui sera moral pour ceux que ce genre de partenariat défrise.
        Le monde de la BD s’ est beaucoup pris pour un autre ces dernières années ,il doit renouer avec le grand public ,son public de base,les points de croissance sont là.

        Pas impossible que les auteurs y trouvent leur compte.

  14. Henri Khanan dit :

    Il y a celui-là aussi (actualitté doit bien aimer macDo!)
    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/crise-de-la-bd-son-goku-et-lucky-luke-bossent-pour-mcdonalds/88021

    C’est sympa d’essayer d’expliquer qu’il n’y a pas que les burgers dans la vie. Maintenant, Lucky Luke et Lévy ont ils besoin d’être aidés???

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