Un western fort de son classicisme : « L’Or de Morrison » par Daniel Brecht et Roger Seiter

Le deuxième et dernier volume de « L’Or de Morrison » vient de paraitre aux éditions du Long Bec. Il clôt un western âpre qui respecte en les magnifiant tous les codes du genre. L’Ouest, le vrai, est toujours aussi sauvage tel que décrit par Roger Seiter pour les pinceaux de Daniel Brecht, et c’est très bien comme ça.

Dans un article précédent nous vous rendions compte de la qualité du premier volume du diptyque « L’Or de Morrison ». Voici, en résumé, ce que nous vous en disions : « Pas d’ironie, ni de distanciation référencée à la Sergio Leone dans ce western au classicisme affirmé qui sent la sueur, la poudre et les larmes. La fiction est solidement contextualisée par un dossier de six pages qui ouvre l’album. De quoi rappeler les principales étapes de le la Guerre de Sécession, le déroulement de l’expédition française au Mexique (1861-1867) et le devenir des soldats brisés par ces conflits. Pour Roger Seiter : « Tous ces hommes ont en commun la haine et la détestation d’une société qui, après avoir fait d’eux des machines à tuer, les a tout bonnement laissé tomber. C’est dans cet esprit que le groupe d’anciens combattants rassemblé autour de Morrison fonde une communauté utopiste d’inspiration icarienne. » »

L'Or de Morrison T2 page 8

Le deuxième volume reprend le récit au moment où il a été interrompu à la fin du premier tome. En avril 1872, dans le désert du Colorado, la petite troupe de Morrison fuit après avoir dérobé 350 000 dollars lors de l’attaque d’un train blindé. Un shérif et ses adjoints, un détachement de l’armée américaine mais aussi une bande d’apaches avides de vengeance poursuivent les hors-la-loi utopistes. Le colonel Morrison doit atteindre le port San Francisco pour s’embarquer vers l’Australie. Il souhaite créer dans ce nouveau monde une communauté icarienne, loin de toute civilisation corruptrice.

L'Or de Morrison T2 page 13

Ce western choral, épique et rythmé, ne se résume pas à une poursuite infernale dans les somptueux décors de l’Ouest américain. Il faut louer ici la richesse du scénario de Roger Seiter et la qualité du dessin et des couleurs de Daniel Brecht. Ce dernier multiplie les clins d’œil en guise d’hommage au travail de Jean Giraud (Moebius) sur la série des Blueberry notamment au cultissime « La Mine de l’Allemand perdu » et à son village troglodyte anasazi.

Le village troglodyte anasazi

Autre référence, plus amusée celle-ci de la part du scénariste : Marion Michaël Morrison, le nom du héros, est le véritable patronyme de l’acteur John Wayne, la référence ultime pour tout western. Alors, pour quelques euros de plus, rejoignez Morrison dans sa chevauchée fantastique.

Laurent LESSOUS (l@bd)

« L’Or de Morrison » T2 par Daniel Brecht et Roger Seiter

Éditions Du Long bec (16,50 €) – ISBN : 979-10-92499-74-2

Galerie

3 réponses à Un western fort de son classicisme : « L’Or de Morrison » par Daniel Brecht et Roger Seiter

  1. PATYDOC dit :

    On trouve Mc Clure et Red neck au détour d’une case. Pourriez-vous nous en dire plus sur le dessinateur, qui est peu connu, malgré son âge pas encore vénérable mais presque?

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