« Kill or Be Killed » T2 par Sean Phillips et Ed Brubaker

Deux des plus grands scénaristes et dessinateurs de comics et de thrillers sont à nouveau à l’œuvre avec ce polar à la fois moderne, dynamique et fantastique. Nous n’avions pas eu l’occasion de nous attarder sur le premier tome paru en avril, voilà chose un peu réparée.

Où l’on retrouve Dylan là où on l’avait laissé, englué dans son dilemme de choix de vie : continuer à tuer « pour » le démon qui lui a imposé ce contrat : tuer ou être tué mais avec le risque d’être repéré par la mafia russe, dont il a lésé les affaires lors d’un précédent meurtre. (Voir précédente chronique). Là-dessus, sa précédente copine et colocataire Kira revient vers lui, au moment même où Daisy, ancienne ex refait surface, avec le béguin pour ce garçon maintenant plus sûr de lui. Tout cela devient complexe à gérer…

Voilà donc les épisodes 5 à 10 de ce très bon polar bien entamé, nous plongeant dans le quotidien d’un jeune homme un peu paumé, qui commence à réaliser doucement que les médicaments foireux de son dealer pourraient bien être à l’origine de ses « visions ». Dès lors, comment expliquer ce goût qu’il prend à ses crimes, mêmes « justifiés » par l’éradication de cibles au passé sale ? Au delà de ces questionnements, une jeune inspectrice commence à mener enquête, et tisse sa toile…

Ed Brubaker assure avec « Kill or be Killed » un scénario efficace, réussissant à nous mettre dans la peau de cet étudiant à la croisée des chemins, perdu quant à la voie qu’il doit choisir. La réflexion sur cette justice personnelle, bien que située de manière frictionnelle dans un contexte fantastique ne doit pas faire oublier la réalité de l’auto défense, très présente aux États-Unis grâce aux ventes d’armes libres qui les ébranlent régulièrement. Elle assure sans doute les bases de ce nouveau scénario, posant les questions : « Où commence le crime ? Où commence la justice ? »

Les scènes en voix off s’incrustent à celles d’action, tout en déroulant un récit alternant présent et légers flashbacks très dynamique. Sean Phillips, égal à lui-même, délivre une mise en page aérée mais aux dessins précis, détaillant les décors mais aussi les visages, parfois en gros plan, effet permettant de sonder les âmes. L’alliance de ces deux grands artistes, comme à l’accoutumée sur leurs précédentes productions, même si cette dernière rappellera davantage « Criminal », fait merveille. « Kill or be Killed » se positionne une nouvelle fois comme un must be read.

Franck GUIGUE

« Kill or Be Killed » T2 par Sean Phillips et Ed Brubaker
Éditions Delcourt (16,50 €) – ISBN : 978-2-413-00237-6

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5 réponses à « Kill or Be Killed » T2 par Sean Phillips et Ed Brubaker

  1. Thark B. dit :

    Tiens, tiens ! Je rentre tout juste d’une petite virée sarthoise, avec escale o-bli-ga-toire à la fameuse librairie « Bulle ! » du Mans (miam !), où l’on m’a passionnément vanté les mérites de cette série à l’aura grandissante. Et comme je vois que vous « passez une 2ème couche » (haha) avec énergie, Franck, je vais m’y intéresser de près ! (… bien que j’aie toujours un peu de mal, a priori, avec les styles de dessin quasi « photographiques » comme celui de Philips).
    Ah, au passage, les « Bulleux » ;) ont aussi mis l’accent sur « We Stand on Guard » de l’incontournable Brian K. Vaughan (l’homme des… « Saga » ! ;) ) dessiné par Steve Skroce (que moi-pas-connaître). L’invasion du Canada par les Etats-Unis, rien que ça ! Blood’n'guts ! :)

  2. Franck G dit :

    Merci pour ces petites retours sympathiques Thark B. Et bien, celaa tombe bien, car « We Stand on Guard » fait partie des titres de mon planning de chroniques d’ici mi juillet, aux côté du non moins salivant « Black Monday Murders » de Jonathan Hickman, que j’attendais pour ma part depuis quelques mois, et qui devrait être trèèès bon. . ;-) A suivre très bientôt donc. Ps : Steve Skroce, que je ne connais pas bien non plus, a néanmoins participé (entre autre) au « Doc Frankenstein » avec les « frères » Wachowski, et ne devrait pas tarder à arriver en VF chez nous je suppose.

    • Henri Khanan dit :

      Steve Skroce avait déjà bossé avec Alan Moore vers 1998 pour la ligne Awesome de Rob Liefeld!

  3. Marcel dit :

    We stand on guard est vraiment très bon, et Skroce (qui n’avait plus fait de BD depuis de nombreuses années, d’où son relatif anonymat) y est parfait. Depuis, il a attaqué une nouvelle série seul, Maestros, qui est graphiquement très réussie également.

  4. Franck G dit :

    Merci Marcel, pour ces précisions ;-)