« Colonisation T2 : Perdition » par Vincenzo Cucca et Denis-Pierre Filippi

Paru en janvier 2018, « Colonisation T1 : Les Naufragés de l’espace » narrait comment, dans un futur où la surpopulation était devenue ingérable, des équipages de colons furent lancés à travers la galaxie afin de s’implanter sur d’autres mondes. Des années plus tard, une agence composée d’agents d’élite est constituée afin de retrouver les nefs des premiers colons : perdues dans l’immensité spatiale, ces dernières sont traquées par les Écumeurs, désireux de revendre leur contenu à prix d’or sur le marché noir. Avec l’actuel tome 2, ce récit de SF moderne, livré au travers de planches fourmillant de détails, explore tant les recoins obscurs de l’espace que ceux de l’âme humaine…

Un récit de l'errance (T2, planche 3 - Glénat 2018)

Un groupe sous pression (T1, planche 2 - Glénat 2018)

Les décors de l'ailleurs (T2, planche 8 - Glénat 2018)

En matière scénaristique, l’on connaissait le talent de Denis-Pierre Filippi pour dresser des univers riches et crédibles, tant dans le registre du steampunk (« Le Voyage extraordinaire ») que celui de l’hommage (« Mickey et l’océan perdu »). Construire une nouvelle saga de science-fiction n’est jamais simple, mais Filippi et Cucca (dessinateur pour Disney, Marvel, Le Lombard et Glénat) placent la barre haute en proposant notamment des planches très denses et nécessitant une pleine concentration de la part du lecteur : personnages nombreux et détaillés, décors impressionnants du XXIIIe siècle (vaisseaux, villes futuristes, nature luxuriante, scènes de combat rythmées), biotechnologies et exosquelettes en série, narration complexe (croisant souvent deux ou trois zones ou temporalités différentes). Le premier tome introduit comme il se doit les enjeux d’un conflit complexe, où les forces légalistes de l’Agence, alliées à la pacifiste civilisation extraterrestre des Atils, affronte les pillards de l’espace. Modelé à la manière de « Sillage » ou d’épisodes de « Star Trek », la série s’impose avec des intrigues différentes, bouclées à chaque fin de tome mais néanmoins reliées par des rappels situationnels ou de nombreux personnages récurrents.

Recherches pour le personnage de Milla

Les personnages en 4e de couverture

Parmi les principaux protagonistes, citons la chef de groupe Milla Aygon et Clarence Sternis, deux cadets nouvellement certifiés comme membres actifs de l’Agence : afin de les différencier des emblématiques Valérian et Laureline, précisons que Clarence est un ancien colon, miraculeusement sorti de son caisson de survie au cours du tome 1. Aux côtés de Gordy, Tchenko, Atori, Pétra, Bélinda ou de l’extraterrestre Atil Ag’, ils naviguent d’un système à l’autre entre réalité et virtualité : pour permettre les longs voyages intersidéraux, les colons furent en effet placés dans des caissons et plongés dans des stases impliquant des mondes virtuels. Ce avant que la technologie avancée des Atils ne permette de se débarrasser de toute contrainte de distance, et d’envoyer nos héros sans difficulté vers n’importe quel voyage interstellaire.

Vaisseaux et armements

Couverture du tome 1 (Glénat 2018)

En guise de couvertures, les deux tomes de « Colonisation » laissent la part belle à l’univers space opera (nuages d’astéroïdes et planètes inconnues, vaisseaux en plein combat, cieux étoilés) tout en laissant planer le plus complet mystère sur les héros. Parions que nous aurons néanmoins l’occasion de les redécouvrir pleinement dans de prochaines aventures intersidérales : avis aux amateurs, car le tome 3 de la série est déjà planifié pour janvier 2019. Vers l’infini et au-delà !

Philippe TOMBLAINE

« Colonisation T2 : Perdition » par Vincenzo Cucca et Denis-Pierre Filippi
Éditions Glénat (13,90 €) – ISBN : 978-2-344021750

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