Gaston : jusqu’à plus soif…

Certains de nos fidèles vont, sans doute, trouver ce brave Lagaffe trop présent dans notre rubrique actualités. Comment leur donner tort alors, qu’une fois de plus, le marketing fait rage aux éditions Dupuis ? Pourtant, ne pas évoquer ce Méga Spirou, tout entier dédié au héros de Franquin serait une erreur.

Avant de parler des bonnes choses, évacuons ce qui fâche : la reprise de gags signés Tarrin, Parme, Nob, Alfred, Delaf, Tébo… publiés l’an dernier dans les pages de Spirou et déjà réunis dans l’album « La Galerie des gaffes », paru en octobre dernier. Par ailleurs, même si Franquin est génial, revoir des gags de Gaston pour la centième fois peut en agacer plus d’un et ce hors-série en propose une vingtaine.

Pour le reste ce « Gaston, le gaffeur qui avait du nez », dirigé par Damien Pérez, est riche en bonnes surprises. Il s’ouvre avec l’indispensable dossier consacré au film de Pierre-François Martin-Laval (alias Pef, ancien membre de la troupe des Robins des Bois et déjà réalisateur des « Profs »), dont un entretien du metteur en scène et des rencontres avec les acteurs Théo Fernandez, Jérôme Commandeur, Arnaud Ducret et Alison Wheeler.

Fabcaro et Fabrice Erre, les auteurs de l’étrange « La Page 2 » dans Spirou, animent les double strips de « Making gaffes », coulisses fantasmées du film. L’humoriste Alex Vizorek parle de « Gaston » et cosigne un gag avec Libon, tandis que Yann Arthus-Bertrand  voit « Lagaffe en vert et contre tous » et écrit un scénario pour Sti et Thomas Priou. Sinon, Jean-François Juillard se penche sur l’intérêt que portait Franquin à Greenpeace, l’astrophysicien Hubert Reeves apporte son témoignage sur « Gaston » et les animaux, suivi par Pascal Canfin, Cyril Dion, Philippe Etchebest dont « Gaston » fût le cauchemar. Enfin, José Bové désigne, sans rire, Gaston comme pionnier de la désobéissance civique. Frédéric Jannin qui a refondu les couleurs de la nouvelle édition des albums de « Gaston Lagaffe » revient sur sa longue amitié avec Franquin, suivi par Nob, Numa Sadoul, le youtubeur Axel Lattuada, Loïck Roche (directeur d’une école de management), du Prix Nobel de chimie Jean-Pierre Sauvage, du bricoleur David Foutimasseur et enfin de Zep.

Vous l’aurez compris, même si l’indigestion vous guette, ce hors-série vaut le déplacement (120 pages en couleurs, 6,90 €, en kiosque). Notons qu’il existe une version cartonnée vendue en librairies à partir du 3 avril (11,90 €).

Déception, cependant, avec le numéro 4172 (28 mars 2018) de l’hebdomadaire Spirou  lui aussi baptisé « Spécial Gaston » et dont la couverture pour le moins curieuse (restons poli) de Luc Melanson décevra plus d’un lecteur. En effet, toutes les pages concernant le héros de Franquin sont reprises du Méga Spirou évoqué ci-dessus (quiz, strips de Erre et Fabcaro, présentation du film…). Monsieur Boulier est de plus en plus près de ses sous. Du temps de feu monsieur Dupuis, ça ne se faisait pas !

Henri FILIPPINI

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4 réponses à Gaston : jusqu’à plus soif…

  1. Franck G dit :

    Moi j’aime bien, cette couverture du journal Spirou ! ;-) Au moins, dans sa curiosité toute artistique, elle rend hommage aux délires du gaffeur sachant gaffer, non ?

    • Simon dit :

      Tout à fait d’accord au sujet de la couverture. A mes yeux, elle permet aussi, visuellement, d’éviter la fameuse indigestion évoquée dans l’article.
      Quant au contenu, à l’image de ce que ce Spirou propose, il n’y a rien à rajouter !

    • Fab dit :

      Belle couverture en effet qui n’est pas sans me rappeler le style de Jochen Gerner.

  2. Henri Khanan dit :

    on l’aura compris, ces numéros s’adressent aux collectionneurs débutants. Merci de l’avoir signalé! Gaston est écolo, il n’aimerait pas que l’on propose plusieurs supports-papier de ses apparitions!