Justice League : la plus grande équipe de super héros.

Alors que les écrans de cinéma vont attirer, dès le 15 novembre 2017, de très nombreux spectateurs devant le 1er film attendu de la licence « Justice League of America » (que l’on espère réussi), Urban comics, l’éditeur français des héros DC comics publie une série d’ouvrages consacrée à la fameuse équipe, dont une anthologie. L’occasion de mieux connaître son histoire et ses aventures.

1er épisode de la JLA dans The Brave & the Bold #28 (1960)

Il faut remonter à l’hiver 1940 et le numéro 3 du bimestriel All Star Comics pour découvrir l’origine de la Société de justice (SDJ), la première équipe de super-héros de l’histoire des comic-books. Celle-ci est constituée, à l’époque des personnages phares : Flash, Hawkman, Green lantern, Atom, Le Spectre, Docteur Fate, Hourman et le Sandman, rejoints ensuite par Wonder Woman (dans le numéro 8 de 1941).

Au départ, un mode de narration particulier est privilégié, les membres ne se rencontrant qu’en début de numéro et chaque héros ayant droit ensuite à son propre chapitre. Une manière de présenter les personnages moins connus. Avec le temps, la formule va évoluer, associant les héros tout au long des récits. Cette nouvelle volonté va donner toute sa puissance à la série.

En février 1951, néanmoins (dans le numéro 57 d’All Star Comics), la SDJ s’arrête, laissant la place à d’autres revues et goûts des lecteurs. L’âge d’or des comics arrive à son terme.

Une page promotionelle pour la Justice League dans un fascicule Artima pour « Crisis on Infinite earths » (1986)

L’année 1956 va donner naissance à d’autres personnages, et surtout durant la période faste du genre science-fiction, propice à de nouvelles aventures encore plus incroyables. Barry Allen remplace Jay Garrick comme bolide rouge et or, Hal Jordan, pilote d’essai, obtient des Gardiens de l’univers un anneau de pouvoir surpuissant et devient membre du corps des Green Lantern (1959), Katar et Shayera Hol, deux policiers extraterrestres deviennent respectivement Hawkman et Hawkgirl sur Terre. Enfin, Ray Palmer, scientifique ayant découvert un moyen de miniaturisation, devient Atom. (1961)

Le succès opère et « L’Âge d’argent », qui débute et perdurera durant une dizaine d’années, correspond au début de la « Ligue de justice », nouvelle mouture réunissant plusieurs super héros DC. Celle-ci voit ses trois premiers épisodes paraître dans les comics The Brave and the Bold #28 à 30 (1960), grâce au talent de Julius Swartz et Gardner Fox (scénarios) et le dessinateur Mike Sekowsky. Celui-ci assurera le dessin des 63 premiers épisodes. Les nouveaux Flash et Green Lantern sont rejoints par quatre des héros publiés sans discontinuité depuis les années quarante : Wonder Woman, Aquaman, Superman et Batman, même si ces deux derniers n’ont alors fait que de brèves apparitions au sein de l’équipe. Il ne faut pas, non plus, oublier le limier martien J’onn J’onzz. Une revue dédiée : Justice League of America, est lancée en octobre 1960.

Des évolutions et une importance capitale chez l’éditeur

Les aventures vont se succéder, les personnages s’aimer, se confronter, et lutter ensemble contre diverses menaces extra-terrestres, dans un environnement de space opera que l’on avait rarement vu auparavant. Cette époque est considérée comme phare pour la série et Gardner Fox comme un des piliers scénaristiques du titre. Basée au départ dans un QG situé à l’intérieur d’une grotte, la ligue va passer les années soixante sur un satellite en orbite, avant de devoir déménager à Detroit, suite à sa destruction lors de guerres entre Mars et la Terre.

Le fameux satellite détruit.

Les années soixante-dix et quatre-vingt approchant, la guerre du Vietnam, les changements politiques et les évolutions des mœurs ne vont pas non plus laisser l’équipe indifférente et d’autres bouleversements vont se faire sentir, apportant des épisodes beaucoup plus psychologiques et dramatiques au fil du temps. Si certains personnages comme Black Canary ou Extensiman ont rejoint entre temps l’équipe (à la fin des années soixante), certains épisodes comme le run du numéro 200 dessiné par George Perez (1982), où la magicienne Zatana est présente, marquent profondément la série. Gerry Conway est alors aux manettes du scénario depuis 1978. C’est l’occasion de renouer avec le principe de duos pour chaque chapitre, et spécifiquement ici de les faire dessiner par une myriade de dessinateurs de talent : George Pérez, Pat Broderick, Jim Aparo, Dick Giordano, Gil Kane, Carmine Infantino, Brian Bolland et Joe Kubert.

De nombreux autres auteurs parsèment ce pavé anthologique (1), déroulant les divers changements subit par la Ligue, au fil du temps, jusqu’au dernier épisode : « Heritage » (2017), raccrochant avec les publications actuelles de DC dans ses titres « Rebirth ». C’est une excellente occasion de faire mieux connaissance avec des noms importants du comic book, scénaristes ou dessinateurs, et découvrir aussi les titres complémentaires, actuellement en librairies et kiosques.

Le fait de faire se côtoyer des personnages connus et moins connus a permis à la « Ligue de justice » de développer des intrigues intimistes, au cœur de récits tonitruants abordant des thèmes de science-fiction ambitieux, voire complexes, tels les mondes parallèles, le voyage dans le temps, etc. Notons également l’épisode charnière « Crisis On Infinite Earths » de 1985, ayant notamment participé à redéfinir totalement l’univers DC, que la « Ligue de justice » avait largement contribué à créer quelques vingt-cinq ans plus tôt.

Tout cela est très brillamment expliqué dans les nombreuses pages éditoriales écrites par Yann Graf et parsemant cette anthologie, divisée en quatre parties : « Fondations », « Incarnations », « Mutations » et « Révolutions ». Ces textes érudits donnent les clefs de compréhension de l’univers, entourant la sélection des dix-huit épisodes proposés ici. Un long texte de Gerry Conway documente aussi l’épisode 200 de belle manière.

Cette anthologie, brillamment réalisée, nous propose la substantifique moelle de la plus grande équipe de super-héros, et permettra à tout amateur de se repérer, dans un univers relativement complexe, que le film de la Warner ne risque malheureusement que d’effleurer.

 Franck GUIGUE

 (1) Voir le détail du sommaire et des auteurs impliqués dans l’anthologie, sur la page de l’éditeur.

(2) « Crisis on Infinite Earths » à lire chez Urban comics (Réédition Juillet 2016)

 

« Justice League : la plus grande équipe de super héros » : anthologie
Éditions Urban Comics (25 €) – ISBN : 9791026811848

Galerie

6 réponses à Justice League : la plus grande équipe de super héros.

  1. Martin dit :

    Petite précision. En 1956, Barry Allen remplace plutôt Jay Garrick dans le rôle de Flash. Wally West (Kid Flash) est apparu pour la première fois en 1959.

  2. Franck dit :

    Et vous avez tout à fait raison Martin. J’ai été pris, comme qui dirait : « de vitesse » ! ;-)
    > Je corrige. Et en vous remerciant de cette lecture attentive qui a fait ressortir une coquille d’étourderie.

  3. JC LEBOURDAIS dit :

    Joli ‘article’ sponsorisé par Urban Comics.

  4. Franck dit :

    Cette remarque dénuée de vérité, mais pas d’ironie vous appartient. Je note les guillemets qui sous entendent non pas un article, mais… une publicité ? J’ai pour ma part apprécié cette anthologie et le travail de l’éditeur et taché d’en rendre compte. Libre à vous d’y trouver à redire. Cordialement .

  5. milo dit :

    Une petite question
    The World’s Greatest Superheroes de pasko, tuska et colletta se place où par rapport à la league
    merci de votre réponse

  6. Franck dit :

    Bonjour Milo. Je ne connais pas plus que cela ces strips parus dans les journaux américains entre 1978 et 1985, mais ce qui ressort des mes recherches, c’est que seule une poignée des vingt-quatre épisodes qu’à connue cette « série » a fait se rencontrer, et de manière non systématique, quelques super-héros DC. En l’occurence : Superman, Batman, Flash, Robin, Wonder Woman Green Lantern et Black Canary. Il est fort à parier que l’époque (1978-79) a voulu (re) proposer des épisodes sous forme de strips un peu classiques, (tant dans le style graphique que sur le fond), pour peut-être rassurer les lecteurs anciens qui ne se retrouvaient pas dans les « délires » de science-fiction, de plus en plus élaborés et compliqués, dans les comic books par ailleurs. (*) Les strips ont d’ailleurs axés à partir du numéro 5 le reste des histoires uniquement sur Superman ensuite, ou avec seulement un ou deux autres super-héros, et ce jusqu’au changement du titre du strip, le mettant exclusivement en avant. (Octobre 1979)
    Quoi qu’il en soit, des histoires et un ton donc très différents de ce que l’on a abordé avec la « Ligue de Justice ». Voilà, en espérant avoir répondu au mieux à votre très intéressante question.
    Bien cordialement, Franck.

    (*) Cette remarque de cause à effet m’appartient, et ne constitue pas une vérité en soit.

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