Grand Prix d’Angoulême 2010, Hervé Barulea, qui signe Baru (1), est né le 29 juillet 1947, à Villerupt (un bled de la Meurthe-et-Moselle, en Lorraine). Ado dans les années 1960, il découvre le rock`n`roll par l’intermédiaire de juke-box laissés dans les cafés après le départ de militaires américains des bases du coin, quand la France est sortie de l’OTAN. Comme l’auteur de « L’Autoroute du soleil » le déclare pour présenter ce nouveau diptyque : « Le rock`n`roll, ça reste encore et toujours ma réserve d’énergie ! » Dans ce premier volume de 140 pages tendres et drôles, et un brin nostalgiques, Baru s’intéresse à cette « musique du diable » — qui est loin d’être une musique de vieux réservée aux baby-boomers — et à ses icônes qui ont fait vibrer sa jeunesse, et toute sa vie… à travers des anecdotes vécues ou des récits fictifs, évoquant notamment les Rolling Stones, mais aussi les Yardbirds, les Who, Vince Taylor…
Lire la suite...« Opération Copperhead » par Jean Harambat
En pleine Seconde Guerre mondiale, deux célèbres acteurs-soldats britanniques (David Niven et Peter Ustinov) se retrouvent embringués dans une rocambolesque opération d’intoxication : ils doivent recruter une doublure du maréchal Montgomery, chef des troupes alliées, pour la faire déambuler en Afrique du Nord, ceci afin de faire croire aux Allemands à un débarquement par le sud de la France. Réalité ou fiction ? Certainement un peu des deux mon général, ce qui donne une comédie enjouée, à l’humour somme toute très british !
Basée sur les mémoires de Clifton James, acteur australien de seconde zone et sosie de celui qu’on surnommait Monty – ainsi que sur les écrits des deux monstres sacrés du cinéma anglais, lesquels avaient aussi été chargés par Winston Churchill de réaliser un film revalorisant l’image de l’armée de leur pays au sein du service cinématographique -, cette Opération Copperhead démontre que la bonne humeur et les idées extravagantes étaient alors monnaie courante au sein des services de renseignements, ou plutôt de désinformation…
Niven et Ustinov ressemblent ici à des Blake et Mortimer burlesques qui jouent une extraordinaire pièce de théâtre où, si l’on en croit Jean Harambat, par ailleurs auteur d’un très inspiré « Ulysse : les chants du retour » (chez Actes Sud), dans sa préface : « tout n’est pas entièrement vrai, mais tout n’est pas entièrement faux. »
On retrouve également, dans ce récit déjanté et très bien documenté, toute la saveur des comédies sophistiquées, légères et intelligentes, d’un certain cinéma hollywoodien du milieu du XXe siècle : celui que réalisaient des gens comme Billy Wilder, Frank Capra, George Cukor…
Une impression accentuée par un parti pris graphique très ligne claire, où Harambat s’autorise des digressions loufoques ou didactiques qui ne gênent en aucun cas la fluidité de cette passionnante lecture.
 Gilles RATIER
 « Opération Copperhead » parJean Harambat
Éditions Dargaud (19,99 €) – ISBN : 978-2-205-07484-0












