L’Épatant d’avant-guerre (première série 1908-1937) : quatrième partie

Quatrième partie d’un imposant dossier de Michel Denni sur le magazine L’Épatant publié, à l’origine (sans les illustrations), dans la revue spécialisée Le Collectionneur de bandes dessinées, du n° 101 daté du printemps 2004 au n° 104 daté du printemps 2005. On y parle de Louis Forton, Claude Whip, Alin Monjardin, Louis Le Révérend, Jean d’Agraives, Pierre Desclaux, Gaston Callaud, Tybalt… Des dessinateurs et scénaristes bien oubliés aujourd’hui… Pour consulter les trois premières parties, cliquez ici : L’Épatant d’avant-guerre (première série 1908-1937) : première partie, ici L’Épatant d’avant-guerre (première série 1908-1937) : deuxième partie et ici L’Épatant d’avant-guerre (première série 1908-1937) : troisième partie.

Trésor chinois et corsaire barbaresque

            Claude Whip fait son entrée en novembre 1925 avec une bande policière : « Sous le troisième sycomore ». Il s’agit, en fait, de l’illustrateur Paul Thiriat qui a débuté dans Le Tour du monde en 1892. On le retrouve dans L’Omnibus (1896), Les Veillées des chaumières (1900), L’Illustré national (1909), Pages folles (1914), Les Annales (1916).

Couverture de Paul Thiriat pour Les Annales (1916).

            « Sous le troisième sycomore » conte les manigances d’un méchant Chinois qui tente de récupérer le plan d’un trésor découvert par deux Français : M. et Mme Dutreillis. Ceux-ci partent en Chine, déjouent tous les traquenards, découvrent dans la vallée du Yang-tsé-Kiang le trésor constitué de vieilles pièces de monnaie ayant appartenu à un empereur, mais n’en prennent pourtant qu’une seule comme souvenir.

Eux, au moins, on ne pourra pas les accuser de colonialisme, le texte d’Alin Monjardin étant néanmoins par ailleurs des plus conformistes.

Quant au graphisme de Claude Whip, il joue beaucoup sur l’alternance du noir et blanc avec emploi judicieux du médaillon jumelle pour mettre en valeur telle ou telle scène, procédé employé à l’époque par Pinchon notamment dans « Bécassine » et autre « Frimousset ».

Couverture de L. Le Révérend pour La Croix d'honneur (1916).

Une nouvelle bande, « Kérautret le corsaire », sort fin 1926. Elle appartient au genre épopée maritime, avec comme héros un capitaine anobli par Louis XIII et injustement accusé de meurtre. Il se réfugie à Alger où il devient corsaire au service des Barbaresques, participe à une expédition turque en Asie Mineure, se retrouve un temps emprisonné en Russie, confond ses calomniateurs et obtient enfin la grâce du cardinal de Richelieu. Le dessin, très fouillé, est de Louis Le Réverend (qui signe ici L. Le Riverend). Il s’est fait connaître par des illustrations légères et humoristiques dans des périodiques aux titres évocateurs : La Vie en culotte rouge (1902-1912), Le Frou-Frou (1902-1922), La Gaieté gauloise (1906), La Croix d’honneur (1916), Parisiana (1919), etc. Parallèlement, il a poursuivi une carrière en bandes dessinées, sous le pseudonyme de Le Riverend, dans Filletteavec un mélo édifiant (« Le Petit Ramoneur », en 1910), suivi d’une bande animalière : « Chanteclairet à Paris » (1912).

Jean d’Agraives

À partir de 1915, dans le même journal, il aborde l’aventure exotique avec « Yvette, la fille des roseaux », suivie de « La Poupée aux yeux de jade ». Après une bande historique (« Par ordre du roi ! », sur un texte d’Alphonse Crozière, en1915), il revient au mélodrame avec « Bastienne » (1916), « La Petite Marquise » (1917-1918), « Cendrillonnette » (1918-1919), « La Bague de Rubis » (1921-1922), « Le Myosotis merveilleux » (1922), « Les Malheurs de Betty » (1926-1927), etc. Il sera aussi présent dans L’Épatant avec une autre bande historique : « Cadet-La-Pointe » (1929-1930).

Le texte de « Kérautret le corsaire » est écrit par Jean d’Agraives (1892-1951) que nous avons déjà rencontré dans l’adaptation française de « Ploum ». Il se nomme en fait Frédéric Causse et est le fils de Charles Causse, l’un des deux écrivains qui signaient Pierre Maël. C’est un spécialiste du démarquage d’œuvres anglo-saxonnes comme « La Cité des sables » (1923) reproduite de « The Flying Legion » de George Allan England (1920), « Le Virus 34 » (1930) inspiré de « La Rouille mystérieuse » d’Edgar Wallace (1920), etc. Il a réalisé aussi, heureusement comme auteur à part entière, d’excellents ouvrages de science-fiction comme « Le Rayon Svatiska » (1925) ou « L’Aviateur de Bonaparte » (1926). Pour les Offenstadt, il travaille à la même époque dans Fillette en adaptant « Les Aventures de Bébé-Peggy » (d’après le film Captain January), dessinées par André Galland, et en écrivant « Les Aventures du Chien Brownie » pour Nicolson. (1)

Les Pieds nickelés en Amérique : seconde époque

            Au n° 965 du 27 janvier 1927, les Pieds nickelés sont de retour : leurs trois têtes en diagonales remplissant la première page de L’Épatant (et la couverture de l’album n° 1), avec en annonce : « … dans ce numéro la nouvelle série de leurs désopilantes aventures. »

            Nos trois héros sont installés sur un radeau transformé en bar, ancré au large de New York, à la limite des eaux territoriales où ils vendent des bouteilles d’alcool de contrebande. Ramenés nuitamment aux États-Unis, ils parviennent heureusement à s’enfuir en se remorquant à un cargo qui quitte le port. Déguisés en policeman, ils font chanter ensuite Sir Mac-Adam, millionnaire et président de la ligue antialcoolique qu’ils trouvent en possession de whisky en se faisant passer pour des ripoux : « J’savais bien qu’avec la police américaine, y’a toujours moyen de s’arranger ! » conclut la victime (n° 973).            Puis, Ribouldingue devient le fakir Maca-bey. Il organise des séances d’hypnotisme pendant lesquelles ses complices dévalisent l’assistance (n° 974 à 980). Démasqué par le détective Bob Hinnett, travesti en vieille duchesse couverte de bijoux (n° 980), le trio est envoyé au pénitencier de Sing-Sing. Il y reste le temps de deux numéros avant de s’évader avec brio (n° 983) après s’être emparés des vêtements d’un pasteur, d’un bedeau et d’un marguillier qui prenaient un bain (voir couverture du n° 984).

            Les Pieds nickelés deviennent ensuite voleurs au Magic Palace-Hôtel avant de s’enfuir par les toits, Croquignol empruntant la fausse barbe du détective Bob Hinnett (n° 989). Puis, ils ridiculisent un prêcheur d’une ligue antialcoolique qui termine son exposé ivre mort, Filochard  ayant rempli subrepticement de vin sa carafe d’eau (n° 990). Mais le détective Bob Hinett revient en force et les renvoie à Sing-Sing (n° 995). Pas pour longtemps, car ils s’enfuient à nouveau de prison en laissant derrière eux une bougie allumée qui explose dans un baril de poudre (n° 997).            Enfin, après avoir agressé l’encaisseur de la Banque of Katacut and Massachussetts (sic), ils se rendent à Boston et, la traque de Bob Hinnett se faisant de plus en plus rapprochée, ils décident de revenir en Europe.

De nouveaux exploits en aéroplane

            Les Pieds nickelés s’embarquent alors sur un paquebot à destination de l’Angleterre (n° 999). Alors que celui-ci est en train de sombrer, ils s’accrochent à un aéroplane stationné sur le pont et se retrouvent emportés dans les airs grâce à une tornade (couverture de l’album n° 2). Ils atterrissent en France, sur une plage près du Havre, accueillis par une foule en délire qui les prend pour trois hardis aviateurs américains, Mac Abbey, Blanckett et Kanary, qui auraient franchi l’Atlantique en planeur en utilisant, selon Croquignol, « les courants d’air et les ondes T.S.F. ». (sic) En cette année 1927, les Pieds nickelés, qui collent toujours à l’actualité, se moquent en fait des différentes tentatives de traversée de l’Atlantique Nord soldées par de nombreux échecs, sauf celui de Charles Lindbergh, le 20 mai, avec évidemment un avion à moteur. Ils sont ensuite reçus à l’Élisée par le président Doumergue où Filochard subtilise un vase de prix propriété de l’État, en proclamant : « l’État, c’est moi ! », au n° 1001.            Démasqués, ils se convertissent un temps en danseurs russes. Après divers larcins, ils se retrouvent en Angleterre (n° 1010) où ils escroquent un banquier et dérobent à la Tour de Londres les bijoux de la couronne (n° 1015).

            Ils s’enfuient alors à bord d’un vapeur et, après diverses péripéties, échouent sur une île déserte à qui ils donnent l’apparence d’un navire de guerre en se servant de cocotiers. Puis, ils s’emparent d’un bateau pirate avec lequel ils débarquent à Cadix (n° 1023) où ils organisent une séance de cinéma bidon. Après une poursuite en diligence (n° 1028) par des cavaliers de la gendarmerie espagnole, ils sont arrêtés et conduits en prison.

            Évadés grâce à un ballon dirigeable (n° 1031), ils deviennent alors pêcheurs avec une pompe pour aspirer les poissons et un malencontreux serpent de mer (n° 1040), toréadors dans une parodie outrancière des corridas (n° 1042 à 1046 et couverture de l’album n° 2), douanier à la frontière hispano-portugaise (couverture du n° 1049).

On les retrouve en marchands d’armes pour les rebelles du Maroc espagnol (n° 1055) où ils livrent une tribu entière aux autorités afin d’encaisser une forte prime.

            Lors d’un festin de remerciement donné par les militaires, Ribouldingue conclut : « C’est l’Mir Abbel qui va en faire une poire en voyant sa smala en compote » (n° 1059), réflexion colonialiste qui relativise quelque peu l’esprit libertaire de Forton et de ses scénaristes.

Patafiole roi des fumistes

            Entre-temps, a commencé à paraître au n° 972 du 17 mars 1927 : « Patafiole, roi des fumistes » de Gaston Callaud, en noir et blanc et avec un texte d’accompagnement réduit à quelques lignes. La mise en page est très originale pour l’époque avec des cases à peine délimitées qui s’étirent en largeur de la taille d’un strip (n° 1001). Les formes cylindriques prédominent notamment pour les personnages pourvus de membres surdimensionnés. Quant au scénario, il est totalement saugrenu : une vieille rentière offrant dix mille francs de récompense à qui retrouvera le meurtrier de son singe écrasé par un tonneau.            Il s’agit, à notre connaissance, de la première bande à suivre du talentueux Gaston Callaud.

D’abord illustrateur humoriste dans Le Pêle-Mêle (1925), Le Rire (1926), Parisiana (1927), La Vie de garnison (1929), il se fera connaître après le décès de Louis Forton en reprenant « Bibi Fricotin » dans Le Petit Illustré à partir du n° 1570, en octobre 1934.

Il réalisera cinq épisodes jusqu’en 1940 : depuis « Bibi Fricotin au Pôle Nord » jusqu’à « Bibi Fricotin globe-trotter » avec des scénarios trépidants et un montage dynamique qui ne négligera pas les phylactères.

Nous le retrouverons dans la suite de notre étude avec « Paris-Baltimore » (1930), « Totoche et le professeur Trompette » (1935), etc.

Notons aussi la participation active de Tybalt en couverture de nombreux numéros de L’Épatant, à l’intérieur avec de courtes histoires en images et à la dernière page qui propose, entre 1928 et 1930, « Les Farces de Mouillepatate et Fil-de-fer ».

Des bords de la Riviera aux Indes en d’extraordinaires équipées

            Parallèlement, les Pieds nickelés poursuivent leurs méfaits.

Après s’être enfuis en bateau de la péninsule ibérique avec des lingots d’or qui se révèlent être des morceaux d’anthracite, ils abordent en Sicile où ils déclenchent une fausse éruption du volcan Stromboli (couverture du n° 1064), afin de mieux cambrioler les maisons des habitants en fuite. Ils deviennent ensuite propriétaires d’un cirque à Naples (n° 1065 à 1071), archéologues à Rome (n° 1073) où ils mettent en vente une fausse momie (couverture du n° 1074), avant d’être expulsés en France. Ils se retrouvent alors sur les bords de la Riviera habillés comme des princes grâce aux économies dérobées à un couple d’hôteliers et vont mener joyeuse vie, dénonçant au passage un rat d’hôtel pour couvrir leurs larcins (n° 1083). Puis, ils s’installent à Nice où Ribouldingue redevient fakir au Rasta-Palace. Traqués par le policier Nibdeblair, ils se réfugient sur le yacht du radjah de Kelpezhilah qui les invite à l’accompagner aux Indes.            Lors d’une escale en Arabie Saoudite, Ribouldingue se transforme en muezzin et remarque, avant de déclamer la prière du haut d’un minaret : « Si Mahomet n’y pige que couic à c’que j’vais y babiller, faut espérer qu’il en sera d’même de ses fidèles !… », en couverture du n° 1094.

            Aussitôt, des policiers arabes qui venaient d’interpeller Croquignol et Filochard se prosternent et notre trio en profite pour s’enfuir et regagner le yacht à la grande joie du maharadjah.

            Arrivé aux Indes, Croquignol tombe amoureux de la fille d’un notable. Il l’épouse sur ses beaux yeux. Horreur, après le mariage, le voile cachant le visage de la mariée tombe et c’est un affreux laideron avec un nez en pied de marmite qui apparaît (n° 1096). On retrouve ensuite nos trois filous dans un temple de Brahma où ils détournent les dons des fidèles. Installés dans une statue, ils épouvantent l’assistance dans une série de gags irrésistibles (n° 1100 à 1104), le clou étant atteint par leurs trois têtes proférant des insanités alors qu’ils agitent leurs jambes à la place des bras (couverture du n° 1104).            À l’évidence, depuis la reprise en 1927, les scénarios ont changé du tout au tout. Le style n’est plus surabondant, mais clair, simple et drôle. La reprise d’anciens gags de l’époque 1911-1913 remis à jour montre que Forton participe à nouveau aux scénarios.

            Aussi, la prétention du malheureux Pierre Desclaux en 1966 à les revendiquer jusqu’en 1932 tombe-t-elle d’elle-même (2).

            Les Pieds nickelés passent ensuite en Afghanistan où règne déjà une guerre civile et se mettent au service du général Savamaloullah (n° 1108). Ils lui construisent un zeppelin articulé pour bombarder l’ennemi et déposer les soldats à pied d’œuvre (n° 1111). À noter qu’à la même époque, en 1929, les premières opérations de parachutage de troupes venaient de naître (3).

            Malheureusement, alors que notre trio s’enfuit avec le trésor de guerre du général, le zeppelin est pris dans une tempête et dérive au-dessus de l’océan glacial arctique. Tombés sur un cargo pris dans les glaces, les Pieds nickelés doivent attendre qu’il dégèle et débarquent enfin en France à Calais (n° 1116). On les retrouve à Paris à la tête d’un institut de beauté au n° 1117 du 26 décembre 1929 dans des aventures toujours plus délirantes que nous évoquerons dans la suite de notre étude sur L’Épatant.

Tybalt est aussi l'auteur de nombreuses couvertures de L’Épatant à cette époque.

(À suivre)

Michel DENNI

Mise en pages et mise à jour du texte : Gilles Ratier

Merci aux sites http://www.bd-nostalgie.org et https://www.lambiek.net où nous avons trouvé quelques couvertures ou illustrations de L’Épatant qui nous ont permis d’illustrer dignement certains passages de cet article. Sur cette période, voir aussi Les grands auteurs de la bande dessinée européenne, deuxième chapitre. Avant l’avènement des bulles : les récits pour les enfants, Les grands auteurs de la bande dessinée européenne, troisième chapitre. Vous avez dit phylactères ? : humour à la page et feuilletons de longue haleine…

Aristide Perré est aussi l'auteur de nombreuses couvertures de L’Épatant à cette époque.

ou Les grands auteurs de la bande dessinée européenne, quatrième chapitre. Américanisation à volonté et deuxième salve de périodiques pour enfants…

Thomen est aussi l'auteur de nombreuses couvertures de L’Épatant à cette époque.

Notes :

(1) Voir « Fillette (1909-1942), » par Michel Denni, in Le Collectionneur de bandes dessinées n° 93 et n° 94, ainsi que sur BDzoom.com : ici Fillette avant-guerre : 1909-1942 (première partie), ici Fillette avant-guerre : 1909-1942 (deuxième partie) et ici Fillette avant-guerre : 1909-1942 (troisième et dernière partie).

(2) Voir « À propos du scénario des Pieds nickelés » par Georges Jouet, op. cit.

(3) Voir, pour les correspondances avec l’actualité historique, « Les Pieds nickelés 1927-1940 » par Patrick Choppard, in Le Phare fouilleur n° 4 (4èmetrimestre 1978).

Une page de Tybalt dans le N° 1031 de 1928.

« Les Pieds nickelés » à nouveau en albums

Six titres des aventures des Pieds nickelés étaient déjà parus en petits volumes brochés illustrés de 128 pages avec images dans le texte au prix de 0,60 franc, d’août 1915 à juin 1917. Douze ans plus tard, les éditions Offenstadt se décident à publier en albums sur 64 pages, dont 62 planches, « Les Nouvelles Aventures des Pieds nickelés » au prix de 3,50 francs.

Le premier s’intitule « Les Pieds nickelés se débrouillent ». Il paraît en juillet 1929 et présente intégralement les bandes parues dans L’Épatant du n° 965 au n° 995.

Le second se nomme « Toujours de nouveaux exploits ». Il sort, comme le n° 1, en juillet 1929 et contient les bandes parues dans L’Épatant du n° 996 au n° 1029. Mais il manque les planches des n° 1020, 1021 et 1022 entre les pages 20 et 51.

Le troisième, « Ollé ! Ollé ! Soyons Gais ! », est publié en août 1929. Il contient les bandes parues dans L’Épatant du n° 1030 à 1061. Mais il manque les 2 planches du n° 1039 entre les pages 20 et 21.

Le quatrième, « Sur les bords de la Riviera », paraît en octobre 1929. Il contient les bandes parues dans L’Épatant du n° 1062 à 1093. Mais il manque la planche du n° 1070 entre les pages 18 et 19.Le cinquième, « Encore d’extraordinaires équipées », sort en novembre 1930. Il contient intégralement les bandes parues dans L’Épatant du n° 1094 à 1124.

Le prix de ces albums étant relativement élevé, l’éditeur recherchait probablement une clientèle plus aisée que celle de L’Épatant.

Aussi, les textes sous images furent-ils revus par rapport à ceux prépubliés dans le journal. Les mots de la langue verte comme « les poteaux » ou les « aminches » se retrouvèrent remplacés par les amis. Le « blair » devint le nez, les « guibolles » : les jambes, etc. Les Pieds nickelés ne s’esbignèrent plus, ils se sauvèrent, ils ne s’exclamèrent plus : « y a pas à tortiller, on est fait comme des rats », mais : « y a pas à dire, on est pincé ». (1)

(1) Voir à ce propos le texte encarté de Michel Guillaumin : « Un demi-siècle de beaux albums de la S.P.E. » dans Le Collectionneur de bandes dessinées n° 35.

Une autre couverture de Tybalt.

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