Dans un monde médiéval fantastique ravagé par la guerre, où le bien et le mal se confondent en absurdités sanglantes, Alastor de Sombregarde est un chevalier maudit, revenu d’entre les morts, grâce à l’intervention d’un maître-gobelin plutôt roublard du nom de Guulghar. Cette anthropomorphe créature, aussi cynique que philosophe, tient en sa main un bâton orné du crâne de son frère Huulghar, lequel continue, malgré tout, de parler et d’exercer la sorcellerie. L’improbable trio traverse champs de bataille et forêts damnées, afin de retrouver la dulcinée du seigneur désabusé… Aurélien Morinière illustre de façon magistrale cette grinçante épopée d’heroic fantasy —tendance Tim Burton —, dont son complice (Olivier Dobremel, alias Dobbs) nous livre de prometteuses prémices tragi-comiques…
Lire la suite...Edgar, Francis, Philippe… et les autres !
On a déjà beaucoup écrit sur Edgar P. Jacobs et ses héros Francis Blake et Philippe Mortimer. Pas facile, donc, de se retrouver dans la jungle des nombreux ouvrages consacrés au duo le plus fameux de l’histoire de la bande dessinée franco-belge. Le numéro hors série, diffusé en kiosques, que lui dédie la revue dBD réussit la performance de dire l’essentiel, tant au niveau de l’œuvre, de son édition, que des différents créateurs qui y travaillent.
Tout est dit en trois parties distinctes : la découverte du créateur et de son œuvre, les dessous de la reprise par les éditions Blake et Mortimer et, enfin, l’avenir des personnages au regard des projets en cours.
Christian Viard (fondateur de l’association Les Amis de Jacobs) présente le parcours du créateur de la série, Ludovic Gombert évoque la naissance du « Secret de l’Espadon » et des autres albums signés par Jacobs.
Au cours d’entretiens réalisés en 2004, des auteurs fameux témoignent de leurs rencontres avec Jacobs : Liliane et Fred Funcken, Albert Weinberg, Roger Leloup, Raymond Leblanc et Gérald Forton, lequel se souvient de son incroyable collaboration sur « L’Affaire du collier ». Ludovic Gombert se pose la question : « Blake, personnage secondaire ? », tandis qu’Éric Adam invite le lecteur à voyager autour de « L’Énigme de l’Atlantide ».
Pour sa part, Stéphane Thomas s’écrie : « 70 ans… et pas une ride, By Jove ! ». Ce premier chapitre se termine avec des témoignages de François Rivière et du photographe Gérard Guégan et la présentation des Amis de Jacobs.
La deuxième partie s’ouvre sur une passionnante rencontre avec Claude de Saint Vincent, directeur général de Dargaud à l’époque du rachat de la série, qui dévoile les dessous de cette opération, laquelle se révélera fructueuse pour l’éditeur, comme pour les fans de « Blake et Mortimer ». Yves Schlirf, ancien libraire BD et actuel directeur éditorial de Dargaud Benelux, revient également sur cette relance hors normes. Une interview croisée aussi émouvante que passionnante entre André Juillard, Antoine Aubin et le regretté Ted Benoit permet de mieux comprendre leur travail d’auteurs, fait à la fois de plaisir et de souffrance. Yves Sente complète cette partie, consacrée à la création, avec ses confidences de scénariste, toujours sur un petit nuage.
La dernière partie débute sur des rencontres avec Jean-Luc Fromental et José Louis Bocquet (scénaristes du prochain album dessiné par Antoine Aubin et provisoirement baptisé « 8 heures à Berlin »), ainsi qu’avec Teun Berserik et Peter Van Dongen : auteurs hollandais, qui préparent, eux aussi, « leur » « Blake et Mortimer ».
Un cahier graphique propose enfin des essais d’auteurs qui n’ont pas été retenus (Joann Sfar et Émile Bravo, Philippe Wurm et Jean Dufaux, Johan de Moor, André Taymans…), mais aussi quelques hommages de dessinateurs à la série. Une bonne occasion pour tout savoir sur « Blake et Mortimer », pour un prix raisonnable (10 €), avant de se lancer dans la lecture de travaux plus pointus. Notons une iconographie riche en documents rares pour le commun des lecteurs.
Henri FILIPPINI










Merci pour cette info…. je suis resté bloqué à Edgar !
De grâce, arrêtons de saccager l’œuvre de Jacobs. A l’exception de « La machination Voronov », si l’on excepte ses couleurs « cacas d’oie », toutes les reprises de Blake et Mortimer se sont avérées décevantes. Pour ne pas dire navrantes.
Bonjour : Salutations respectueuses et remerciements éternelles au seul Papa de Blake & Mortimer : Edgar P. Jacobs : cordialement, et Par Horus demeure…