Les vacances sont à l’origine d’œuvres passées à la postérité en littérature : celles de Marcel Pagnol en Provence ou de Harper Lee, cette fois-ci en Alabama, mais aussi au cinéma dans la colonie de « Nos jours heureux » ou encore en « Juillet-août » et dans « Un petit truc en plus ». La bande dessinée a, elle aussi, puisé dans cette thématique et nous nous retrouvions, entre autres, pour « Les Beaux Étés » ou avec « Du sable dans le maillot ». Un nouvel album édité par Fluide glacial nous invite cette fois pour « Les Vacances chez Pépé-Mémé », en compagnie de Guillaume Bouzard.
Lire la suite...« Toussaint 66-99 » par Julien Lamanda et Kris

Beaucoup de voyages sont funéraires, plus exactement provoqués par un enterrement auquel on se rend. Puis il y a les voyages provoqués par le contenu d’un testament. C’est ce qui arrive à Toussaint Polignac revenu d’Afrique pour l’incinération de sa mère, en Bretagne, une mère qu’il n’a pas vue depuis 15 ans et qui va lui imposer un étonnant périple…
Toussaint porte d’autant mieux son prénom que sa mère meurt à la Toussaint. Ce viveur va apprendre à ses dépens que les morts sont incroyablement vivants et exigeants ! Lui, l’égoïste susceptible, le coléreux, le violent (il dégaine facilement les coups et son flingue), le teigneux se voit invité par sa mère à un itinéraire africain très particulier : Sénégal, Cameroun, Gabon… dans le seul but d’aller répandre ses cendres là-bas, loin, au Congo, à la rencontre de racines insoupçonnées, car le moins qu’on puisse dire, c’est que Toussaint a vécu sans se soucier de ses rencontres et qu’il a laissé ses marques un peu partout. Dans sa Coccinelle, tout en roulant, Toussaint écoute les cassettes préenregistrées par la maman très organisée et va enchainer des rencontres aussi pittoresques que mémorables. Et pour cause…
Ce récit nourri, nerveux, dialogué avec vivacité, n’est pourtant pas un nouvel album. La première édition date de juillet 2002 et parut dans la collection Encrage, chez Delcourt, dotée de la préface, reprise ici en fin d’album, et qui révèle à quel point l’imaginaire est marqué par l’enfance, en l’occurrence celle d’un Kris qui trouvera dans les récits d’oncles éparpillés sur la planète l’envie d’écrire et d’inventer des récits d’« Amitié, d’Amour et d’Aventure ». Julien Lamanda, dont c’est finalement le seul album, évoque à son tour cette expérience éditoriale en noir et blanc, de ses recherches graphiques aux premières dédicaces en festivals, dans un dossier complété d’une chanson de Dutronc illustrée (« L’Aventurier ») et d’un récit de quelques planches couleurs évoquant Toussaint Polignac, 30 ans après l’épisode « 66 ».
À noter que les éditions Sixto, spécialisées dans le polar, développe depuis peu un catalogue des bandes dessinées d’inspiration bretonne, notamment les très beaux titres signés Briac (« La Nuit Mac Orlan » et son tout dernier « Quitter Brest »), jusqu’à « Insomnies » de Germain Boudier, situé plutôt du côté de Concarneau.
Alors, bon voyage !
Didier QUELLA-GUYOT ([L@BD-> http://9990045v.esidoc.fr/] et sur Facebook).
http://bdzoom.com/author/didierqg/
« Toussaint 66-99 » par Julien Lamanda et Kris
Éditions Sixto (19 €) – ISBN : 979-10-90939-16-5