Quel beau récit en bande dessinée que ces bouleversantes « Mémoires d’un garçon agité » : l’histoire d’un gamin émotionnable d’une dizaine d’années qui a décidé d’arrêter de grandir et de se raconter, à l’aide de la vieille machine à écrire familiale. Ce refuge dans l’écriture est le seul moyen qu’il a trouvé pour essayer de stopper le temps : pour oublier le fait de se sentir responsable, ainsi que la douleur subie devant l’anéantissement de ce qui était jusque-là sa vie. Le sensible dessin à la Sempé de Valérie Vernay et cet attachant personnage qui retrace des anecdotes de sa courte existence pourraient nous faire penser au Petit Nicolas, mais le propos du scénariste Vincent Zabus — par ailleurs poète et dramaturge — est tout autre : l’humour n’est là que pour dissimuler la gravité du sujet.
Lire la suite...« L’Adoption : Qinaya » T1 par Arno Monin et Zidrou
Eh oui, c’est encore un album scénarisé par Zidrou qui a les honneurs de « La BD de la semaine » ! Il faut dire que cet auteur multiplie les albums aux sujets touchants, comme ce don d’amour que représente le fait d’adopter un enfant, et que nous, à Bdzoom.com, on aime bien quand les auteurs traitent des bons côtés de l’être humain. Et, cerise sur le gâteau, l’histoire aussi intense qu’émouvante de l’adoption de Quinaya, une petite Péruvienne de quatre ans qui s’est retrouvée sans famille après le tremblement de terre survenu dans la région d’Arequipa, est superbement enluminée par le trait délicat d’Arno Monin.
Le dessinateur de « L’Envolée sauvage » (avec Laurent Galandon) ou de « Merci » (avec le même Zidrou) a toutefois transformé quelque peu son toujours aussi chaleureux graphisme, se passant d’un encrage appuyé pour proposer un trait plus intuitif, tout en s’initiant à une mise en couleurs informatique qui lui est plutôt bénéfique.
Cette petite fille est donc recueillie par un sympathique couple français qui n’a jamais réussi à avoir de progéniture. Quinaya ne parle pas un mot de français, mais elle s’adapte du mieux quel peut à cette nouvelle vie.
Elle réussit même à tisser une relation particulière avec celui qui est désormais son grand-père : un être plutôt bourru qui n’avait jamais pris le temps d’être vraiment un père pour son propre fils. 
Elle réussit toutefois à toucher ce brave homme qui sait que les années sont comptées et qui tente de couler une retraite heureuse avec sa femme, même s’il passe quand même beaucoup de temps avec ses potes au bistrot. Bref, ce sont des gens simples, ordinaires, dont on savoure le quotidien décrit avec finesse et fluidité par l’habile scénariste ; lequel n’hésite pas, toutefois, à déstabiliser le lecteur à la fin de ce poignant premier opus.
Gilles RATIER
« L’Adoption : Qinaya » T1 par Arno Monin et Zidrou
Éditions Grand Angle/Bamboo (14,90 €) – ISBN : 978-2-81893-603-0














